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RAPPORT DU D
1
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LEPSIUS
pital, sans nourriture et sans eau, 25 soldats turcs trop
malades pour pouvoir faire le voyage, On nous les ap–
porta. On trouva beaucoup de cadavres, entre autres
ceux des prisonniers de guerre russes que les Turcs
avaient tués avant de fuir.
Le mardi 18 mai arriva l'avant-garde des volontaires
arméniens-russes. Ils n'avaient reçu aucun message de
Van et ne savaient pas que la ville était déjà aux mains
des Arméniens. Le mercredi 19 mai, les volontaires,
accompagnés de soldats de l'armée russe, entrèrent en
ville. Ils avaient nettoyé tout le pays, à l'est du lac de
Van, des troupes turques, et ils continuaient leur
œuvre. Aujourd'hui même, on a violemment combattu.
Les troupes russes avaient pris déjà le chemin de Bitlis
où aucun massacre n'avait eu encore lieu, comme nous
l'a dit le général russe. Dans la rapide avance des
troupes, l'hôpital de campagne était resté plusieurs
jours en arrière ; i l en était de même des colonnes de
ravitaillement. C'était, pour la ville, une lourde charge
de nourrir aussi maintenant l'armée, et de lui céder
tout. I l y avait du froment, mais pas de farine, car les
moulins n'avaient plus travaillé. La viande était rare,
bien que les Cosaques eussent réquisitionné de grands
troupeaux de moutons des montagnes kurdes.
Sur notre terrain se trouvent un millier de femmes
et d'enfants turcs que les soldats arméniens nous ont
amenés parce que c'est l'abri le plus sûr pour eux (1).
Les Arméniens ont partout fait preuve,
à
l'égard des
prisonniers turcs, d'un empire sur eux-mêmes digne
d'admiration, quand on songe comment se condui-
(
t) Sur le terrain de la Mission allemande furent égale–
ment logés 600 femmes et enfants kurdes,
Fonds A.R.A.M