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RAPPORT DU D
r
LEPSIUS
les Russes avaient avancé jusqu'à Saraï ; mais cela n'a–
vait pas eu de suite. Cette fuite avait-elle la même
signification ?
Quoi qu'il en soit, les Turcs étaient résolus en tous
cas à faire autant de mal qu'ils pourraient, Le samedi
soir, les canons des grandes casernes commencèrent
à tirer sur nous. Tout d'abord nous ne pouvions croire
que les coups visaient notre bannière étoilée ; mais
finalement i l ne resta plus aucun doute (1). Sept
bombes tombèrent sur notre propriété, dont une sur
le toit de la maison de Miss Rogers et de Miss Silliman,
où elle fit un grand trou. Deux autres eurent le même
résultat sur le toit de l'école des garçons et sur celle
des jeunes filles. Le dimanche, le bombardement reprit
à nouveau. 26 bombes tombèrent dans la matinée sur
notre établissement et 10 autres le soir: elles explo–
saient en tombant ou en l'air. Le sifflement des shrap–
nells faisait un bruit qu'on ne peut jamais oublier.
Un obus fit explosion dans une chambre de la mai–
son de Miss Raynolds et tua un tout petit enfant.
•
^Un autre obus passa à travers le mur extérieur de la
chambre de Miss Knapps, dans la maison du D
r
,
Usher,
y fit explosion, et ses débris ainsi que les balles qu'il
renfermait pénétrèrent à travers le mur de la chambre
contigue et brisèrent une porte qui se trouvait en
face.
Après le coucher du soleil, tout redevint tranquille.
On reçut une lettre des habitants de - la seule maison
arménienne qui fût restée en dehors des lignes turques,
parce que le vali Djevded y avait habité étant enfant, et
(1)
La propriété de la Mission allemande fut elle-im
bombardée, bien qu'un drapeau allemand flottât au-des
Fonds A.R.A.M