LES FAITS
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sèrent la vie. Quelques-unes des « Dirks », dans les
«
Jardins », furent aussi bombardées, mais sans grand
dommage. 11 semblait que l'ennemi voulait réserver
pour la fin ses plus grosses pièces et ses shrapnells.
Trois boulets de canon tombèrent durant la première
Semaine sur notre propriété ; l'un des trois contre
une porte de la maison du D
r
Usher ; 13 personnes
furent blessées sur notre propriété, une mortellement.
Notre propriété est située dans une position si cen–
trale, que les balles des Turcs passaient à travers en
sifflant, entraient dans plusieurs chambres, brisaient
les tuiles du toit, et criblaient de trous les murs exté–
rieurs.
Le D
r
Usher faisait et fait encore le travail de trois
hommes. Comme seul médecin dans la ville assiégée,
i l devait naturellement s'occuper des malades de l'hôpi–
tal, des réfugiés et des soldats arméniens blessés ; mais
les malades de la polyclinique et en ville se multi–
pliaient d'une manière effrayante. Parmi les réfugiés,
la misère et les privations entraînaient de nombreux
cas de pneumonie et de dysenterie ; de plus la rou–
geole sévissait parmi les enfants. Miss Silliman se char–
gea des malades atteints de rougeole, Miss R©gers et
Miss Usher aidaient
à
l'hôpital où Miss Bond et ses
infirmières arméniennes se fatiguaient au delà de
leurs forces. Après quelque temps, Miss Usher ouvrit,
avec l'aide de Miss Rogers, un autre hôpital dans un
bâtiment scolaire arménien, où d'abord des réfugiés
avaient pris logement, A cela ajoutez la difficulté de
trouver des lits, des ustensiles, des aides et même
la nourriture pour les malades. L'activité médicale
et chirurgicale fut gênée par le manque de médica–
ments, car les livraisons annuelles pour la pharmacie du
Fonds A.R.A.M