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RAPPORT DU D
r
LEPSIUS
et de leur conduite, c'étaient là des problèmes qui nous
préoccupaient beaucoup. M. Yarrone organisa des Co–
mités pour ce travail. A tout homme capable fut as–
signé un rôle et un admirable esprit d'initiative et d'ab–
négation se manifesta. Un homme donna toutes les
céréales qu'il possédait, à l'exception de ce qui était
nécessaire pour nourrir sa famille pendant un mois. Un
four public fut acquis, on acheta du froment et de la
farine pour les distribuer, on émit des bons de pain, et
plus tard on ouvrit une cuisine populaire. Miss Rogers
et miss Silliman s'assurèrent une provision de lait jour–
nalière, et firent cuire le lait par leurs élèves pour le
distribuer aux petits enfants ; 190 furent nourris de cette
manière. Les écoliers s'occupèrent à veiller, pour pro–
téger les bâtiments contre les dangers d'incendies ; ils
entretenaient la propreté dans notre propriété, veil–
laient sur les malades et distribuaient du lait et des
œufs aux enfants et aux malades en dehors de nos éta–
blissements. Toute une administration civile régulière
fut organisée par les Arméniens, comprenant un maire,
des juges et des gendarmes. La ville n'avait jamais été
aussi bien régie. Après deux semaines, les Arméniens,
assiégés dans leur quartier de la ville fortifiée, nous
firent dire qu'ils avaient pris possession de quelques
édifices gouvernementaux, bien qu'ils ne fussent qu'une
poignée d'hommes, et jour et nuit bombardés. Environ
16.000
boulets de canons ou shrapnells furent tirés sur
eux. Les engins de vieux système allaient s'abattre
contre les grosses murailles larges de trois pieds, sans
causer de grands dommages. Avec le temps, les murs
cédèrent naturellement, mais les murs supérieurs seu–
lement ; les gens s'enfuirent derrière les murs infé–
rieurs, de sorte que trois personnes seulement y lais-
Fonds A.R.A.M