LES FAITS
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assez restreinte. Les habitants des « jardins » se trou–
vèrent réunis dans un espace d'environ un mille carré
(
anglais) et cet emplacement fut défendu par des
«
Dirks » (barricades) comme aussi par des murs et
des abatis d'arbres. Parmi les défenseurs, 1500 purent
être armés de fusils, et autant, de pistolets. Leurs provi–
sions en munitions étaient petites ; ils les épargnaient
donc beaucoup, et recouraient à toute sorte de ruses
pour amener les assaillants à consommer leurs mu–
nitions. Us se mirent de plus à fondre des balles et
à faire des cartouches : ils en fabriquaient tous'les jours
3000.
Ils fabriquaient aussi de la poudre et, après
quelque temps, ils firent aussi trois mortiers. Le
matériel pour tout cela était restreint, les méthodes
et systèmes grossiers et primitifs ; mais ils étaient
contents, pleins d'espoir et se réjouissaient de leur
habileté à tenir tête aux agresseurs. Quelques-unes
des règles établies pour eux-mêmes disaient : « Te–
nez-vous propres, ne buvez pas, dites toujours la vé–
rité, ne dites rien contre la religion de l'ennemi. »
Ils envoyèrent un manifeste aux Turcs de la ville
pour leur annoncer qu'ils en voulaient seulement à un
seul homme (au vali) et non point à leurs voisins turcs.
Les valis viendraient et s'en iraient, mais les deux races
continueraient à vivre côte à côte, et ils espéraient,
disaient-ils, que si Djevded s'en allait, leurs relations
redeviendraient de nouveau paisibles et amicales. Les
.
Turcs répondirent dans le même sens et dirent qu'ils
étaient contraints de combattre. Et, en réalité, une pro–
testation contre cette lutte fut signée par beaucoup de
Turcs de qualité, mais Djevded la laissa passer com–
plètement inaperçue.
La caserne au nord de nos établissements fut prise
Fonds A.R.A.M