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RAPPORT DU D
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LEPSIUS
accepterait cette garde, ou bien on lui déclarerait par
écrit qu'elle avait été refusée, et i l resterait ainsi à l'a–
bri de toute responsabilité au sujet de notre sécurité. I l
exigeait une réponse immédiate, mais finalement ac–
cepta d'attendre jusqu'au dimanche suivant. I l exigeait,
de plus, que Miss Me. Claren et Sœur Martha conti–
nuassent leur travail à l'hôpital turc. Elles y allèrent,
résignées à ne pouvoir, peut-être pour longtemps, cor–
respondre avec nous,
Lorsque le D
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Usher revit le vali, le lundi suivant,
celui-ci lui demanda s'il devait envoyer la garde. Le
D
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Usher lui laissa à lui-même de prendre la décision.
Et nous ne reçûmes aucune garde.
Le mardi 20 avril, vers six heures du soir, quelques
soldats turcs essayèrent de se saisir d'une femme qui
faisait partie d'un groupe de femmes qui allaient en
ville (1). Elle s'enfuit. Des soldats arméniens survinrent
et demandèrent aux Turcs ce qu'ils voulaient. Les sol–
dats turcs tirèrent sur eux et les tuèrent. M. Sporri
fut le témoin oculaire de ce fait par lequel commen-
cèient les hostilités. Toute la soirée i l y eut un feu
de mousqueterie plus ou moins continu, et depuis la
citadelle, un roulement continuel de coups de canon
contre la ville fortifiée qui était coupée de toute com–
munication avec « les jardins ». On vit pendant la
nuit, dans toutes les directions, des maisons en flammes,
Le nombre des Arméniens demeurant dans « les jar–
dins » était d'environ 30.000, tandis que la population
arménienne habitant la ville intérieure fortifiée était
(1)
Elle avait été élevée jeune fille dans l'orphelinat alle–
mand, et s'était réfugiée en ville, venant du pays où les
villages avaient été dévastés.
Fonds A.R.A.M