LES FAITS
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miôres semaines du printemps, tout le monde sentit
que bientôt quelque chose arriverait... C'était bien vrai !
I l exigea des Arméniens 3000 soldats. Ceux-ci étaient
extrêmement soucieux de garder la paix, de sorte qu'ils
promirent d'accéder à sa demande. Mais, précisément
alors, avait éclaté la querelle entre Turcs et Arméniens
dans la région de Sçhatak, et Djevded bey demanda à
Ischkhan d'y aller, avec trois autres Daschnakzagans de
marque, pour y rétablir la paix. Ils furent tous les quatre
traîtreusement assassinés en route. C'était le vendredi
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avril. Alors Djevded fit venir auprès de lui Vramian,
sous le prétexte qu'il voulait conférer avec lui, le fit ar–
rêter et déporter. Les Daschnakzagans savaient mainte–
nant qu'ils ne pouvaient se fier à Djevded bey, et qu'il
leur était donc impossible de lui livrer les 3000 hommes
qu'il demandait. Ils dirent qu'ils en donneraient 400 et
qu'ils payeraient peu à peu la taxe militaire pour les
autres. Mais le vali déclara qu'il avait besoin d'hommes
et non d'argent, et qu'autrement i l attaquerait la ville,
Quelques Arméniens prièrent le D
r
Usher et M. Yarrow
d'aller trouver Djevded bey et d'essayer de le calmer.
Ils rencontrèrent en chemin un officier qui était envoyé
pour les appeler. Le vali était obstiné. On n'avait qu'à
obéir. I l saurait briser en tout cas cette résistance,
coûte que coûte. I l punirait d'abord Schatak et puis i l
entreprendrait l'affaire de Van. Mais si les Arméniens
tiraient un seul coup, cela serait pour lui le signal de
l'attaque. I l voulait poster une garde de 50 soldats pour
veiller sur les établissements américains (1). Ou bien en
(1)
La même offre fut aussi faite à l'orphelinat allemand
et acceptée par M. SPORRI ; mais aucune garde n'y fut ce–
pendant postée.
Fonds A.R.A.M