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RAPPORT DU D
r
LEPSIUS
leur déclara qu'ils devaient être exilés à Malatia. En
chemin ils furent tous tués. Pour participer au mas–
sacre projeté, le député Faïzi bey appela à Diarbékir,
en lui promettant l'impunité, un fameux brigand kurde
Omar bey de Djézireh, le fils de ia femme kurde Péri-
Kanum.
Entre le 10 et le 30 mai, 1200 autres personnes des
plus en vue, parmi les Arméniens et les Syriens du
vilayet, furent arrêtées. Le 30 mai, 674 d'entre elles
furent chargées sur 13 kéléks (radeaux supportés par
des outres gonflées) sous le prétexte qu'on voulait les
conduire à Mossoul. Le transport était conduit par l'ad–
judant du vali avec environ 50 gendarmes. La moitié
de ceux-ci se placèrent sur les diverses embarcations,
tandis que l'autre moitié chevauchait le long du fleuve.
Bientôt après le départ, on leur prit tout leur argent,
environ 6000 l.t. (110.000 marks) etleurs vêtements. Puis
on les jeta tous dans le fleuve, Les gendarmes, sur les
deux rives, avaient l'ordre de tuer ceux qui essayaient
de se sauver à la nage. Leurs vêtements furent en–
suite vendus sur le marché à Diarbékir. Le brigand
Omar bey, cité plus haut, prit part, lui aussi, à cette
tuerie.
Vers le même temps, environ 700 jeunes gens de 16 à
20
ans furent levés soi-disant pour le service militaire,
et employés à travailler sur la route de Karabaghtché
à Habachi, entre Diarbékir et Ourfa. Ces soldats ouvriers
furent, pendant leur travail, tués à coup de fusil par
les zaptiés qui les surveillaient. L'onbachi (sous-officier)
qui commandait ces derniers se vantait plus tard,
comme d'un exploit, qu'il avait réussi, avec seulement
cinq zaptiés, à tuer ces 700 Arméniens sans défense,
travaillant dispersés sur la route. A Diarbékir, on con-
Fonds A.R.A.M