LES FAITS
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de 471.500 habitants, 166.000 étaient chrétiens, dont
105.000
Arméniens, 60.000 Syriens (nestoriens et chal-
déens) et 1000 Grecs. Le reste de la population est com–
posé do 63.000Turcs, 200.000 Kurdes, 27.000 Kizilbaches
(
chiites) et 10.000 Tcherkesses. I l y a de plus 4000 Yézi-
dis (les prétendus adorateurs du diable) et 1500 Juifs.
La population chrétienne forme donc le 1/3, et les Mu–
sulmans les 2/3 de le population totale du vilayet.
Durant le printemps de 1915, on forma à Diarbékir,
sur les conseils du vali, une « Commission pour l'étude
de la question arménienne (1). » Le président de cette
commission était le môktoubdji Bédri bey. Faisaient
aussi partie de la commission l'ex-secrétaire von Hoff
bey, le député Pirendjizadé, Faïzzi bey, le major Ruchdi
bey, le binbaohi (capitaine) de milices Chefki bey, et le
fils du Mufti (juge) Chérif bey, neveu du député Pirendji.
Ils inaugurèrent leur activité par la persécution contre
les partisans des Daschnakzagans. Les premières vic–
times furent le président des Daschnakzagans et 26 no–
tables arméniens, parmi lesquels le prêtre Alpiar, On
les fit emprisonner, on les maltraita en prison et on les
fit tuer par Osman bey et le mudir de la police, Hussein
bey. La jeune femme du prêtre fut violée par 10 zap-
tiéhs et tourmentée presque au point d'en mourir. Du–
rant 30 jours environ, on faisait journellement arrêter
un grand nombre d'Arméniens qui étaient ensuite tués
en prison pendant la nuit. Deux médecins arméniens
étaient ensuite contraints de certifier que c'était le ty–
phus qui était la cause de leur mort à tous,
Le D
r
Vahan fut arrêté avec 10 autres notables, et on
(
i) Ce qui suit s'appuie sur les informations données par
des employés allemands,
Fonds A.R.A.M