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nouveau et extraordinaire en Arméno-Cilicie. I c i , nous
avons une littérature traitant, au contact des Occidentaux,
tous les sujets, le théâtre excepté.
Dès le x m
e
siècle, à côté de la littérature classique, une
httérature populaire p r end naissance et se développe par
les œuvres des
trouvères
(
achough), dont la beauté et la
finesse sont de plus en plus appréciées par les critiques
modernes.
A la chute d u royaume d'Arméno-Cilicie, où les cou–
vents, là c omme dans la vieille Arménie, avaient été les
foyers littéraires par excellence, la littérature trouve u n
refuge inviolable dans les monastères, alors qu'ailleurs
toute manifestation de la v i e nationale était mo r t e .
Dans ces monastères, o n enseignait l'arménien classi-
ue, tandis que le peuple avait, depuis le i x
e
siècle, aban–
donné cette langue p ou r ne parler que l'arménien mo –
derne ; de là, l'extrême popularité des
achough
et l'expan–
sion de leurs œuvres dans toutes les classes de la société.
La littérature arménienne n'aurait sans doute pas acquis
l'importance qu'elle a de nos j ou r s sans l'œuvre patrio–
t i que et religieuse de l ' u n de ses maîtres, l'abbé Mk h i t h a r ,
q u i , en fondant sa congrégation, posa les bases d'une l i t –
térature arménienne nouvelle.
Les Mkhitharistes, établis d'abord à Trieste, puis à Ve–
nise et à Vienne (Autriche), commencèrent par pub l i e r
tous les manuscrits arméniens dont ils pouvaient dispo–
ser. C'est ainsi qu ' i l s éditèrent tous les auteurs d u
V
E
au
x v n
e
siècle.
Ces religieux, tout en d o nnan t aux Arméniens le goût
de leur littérature nationale, se donnèrent aussi p ou r m i s –
sion de t r adu i r e en arménien les chefs-d'œuvre des litté–
ratures occidentales. La France d'abord, l'Italie ensuite,
l ' A l l ema gne et l'Angleterre b i en plus t a r d , f o u r n i r e n t
une ample moisson à leur zèle d'érudition et de t r a du c t i o n .
E n même temps que les œuvres littéraires, les Mk h i t h a -
Fonds A.R.A.M