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toujours enchaînée et n'ayant toujours pour nour–
riture que de l'eau et du pain d'orge.
U n événement ayant obligé Vazkène à s'éloi–
gner pour quelque temps de ses Etats, bien
des gens qui connaissaient l a triste histoire de
la sainte princesse, accoururent pour l a voir et
la consoler; ils lui demandaient de leur obtenir,
par ses prières, les grâces de Dieu. Une femme
de l a Perse, guérie miraculeusement par les
prières de Chouchanigh, se convertit au christia–
nisme. L a sainte princesse répondait aux dé–
monstrations de respectueuse et touchante com–
passion de ceux, qui l a venaient visiter, par
d'humbles remerciements. L a foi des personnes
qui accoururent pour la voir était si grande que
Dieu fit bien des miracles.
Vazkène revint dans son pays. Quand i l ap–
prit tout ce qui venait d'avoir lieu, il fut exas–
péré contre les gardes qui, malgré ses ordres,
avaient laissé le monde entrer dans l a prison
de la princesse. I l les fit battre avec des verges
jusqu'à ce qu'ils en mourussent. E t puis, se jetant
sur Chouchanigh, i l l a frappa abominablement,
et donna les ordres les plus formels pour em–
pêcher qui que ce fût de l'approcher. Malgré
les atrocités qu'il fit encore subir à l a sainte
femme, i l ne put vaincre sa résignation.
Enfin, à l a septième année de son emprison-
Fonds A.R.A.M