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nement et de ses tortures, Chouchanigh fut at–
taquée par une maladie mortelle. S a dernière
heure allait sonner, le ciel allait s'ouvrir pour
recevoir sa grande âme. Tchotchigh, frère de
Vazkène, vint alors l a voir avec sa femme et
toute sa famille et lui demanda, les larmes aux
yeux, de leur donner sa bénédiction. L e pa–
triarche des Géorgiens accourut aussi avec d'au–
tres évêques et des prêtres, des satrapes et des
princes accompagnés de toutes leurs familles,
pour l a voir une dernière fois. L e désir, le vœu
et l a consolation de tous c'était de la voir. On l u i
demandait pour reliques les chaînes dont elle
était chargée depuis tant d'années. E l l e disait
sans cesse qu' elle ne méritait pas toutes ces
manifestations de respect et de compassion,
qu'elle n'avait fait que se résigner à l a volonté
de Dieu. E l l e bénit toute l'assistance levant
ses yeux au ciel et faisant une courte invoca–
tion au Tout-Puissant, elle remit sa belle âme
à la grâce de Dieu et exhala son dernier soupir.
Toute l'assistance fut violemment émue ; tous ver–
sèrent des larmes et murmurèrent des prières.
Telle fut l a fin de Chouchanigh, fille aînée
de S. Var tan . On lui fit de magnifiques funé–
railles. Beaucoup de miracles s'opérèrent sur
son tombeau. On fêta l'anniversaire de sa mort
et, de nos jours encore l'église arménienne cé–
lèbre la fête de cette sainte.
Fonds A.R.A.M