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sa suite, i l la p r i t par les cheveux, la j e t a par
t e r r e , l a frappa avec un bâton, la traîna, et la
piétina en l u i meurtrissant le corps et mettant
ses vêtements en lambeaux. Puis i l la ramena
dans son palais et la fit enfermer dans une
pr i s on , où elle fut attachée au mur par des
chaînes de fer qu i la tenaient par les pieds,
par les mains et par le cou. I l ordonna à ses
geôliers de ne laisser entrer personne dans sa
pr i s on et lui-même p r i t soin d'y veiller.
Tr o i s j our s après, un évêque, jadis aumônier
de la Cour, se rendit pourtant à la prison. I l
c o r r omp i t les gardes et réussit à entrer dans
le cachot de l a sainte princesse. I l la trouva
contente, presque joyeuse et priant. I l p r i t ses
chaînes, les porta à ses lèvres et les baisa. Puis,
dans son admiration, i l l ' appe l a bienheureuse
pour avoir, avec une telle patience et une telle rési–
gnation, souffert tant d'atrocités, tant de cruelles
souffrances pour l ' amour de Di eu . I l la q u i t t a ,
en l u i recommandant de persévérer dans sa
résignation à l a volonté divine. Tcho t ch i gh , le
frère du c rue l prince de Géorgie, touché des
souffrances de l a sainte femme, réussit à obtenir
de Vazkène qu'on l u i enlevât le collier de fer
qu'elle avait au cou. Ce ne fut qu'un faible
soulagement apporté à ses tortures épouvan–
tables. E l l e vécut dans sa prison six années
Fonds A.R.A.M