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pénétrer personne jusqu'à elle. Pour toute nour –
r i t u r e , i l l u i fit donner de l'eau et du pa i n d'orge.
L a sainte ne se p l a i gn i t jamais, elle supporta
tout avec résignation et p r i a sans cesse.
U n j o u r , Vazkène passait le fleuve pour con–
duire ses enfants dans un château-fort. L ' u n
d'eux tomba dans le fleuve et s'y noya. Chou -
chanigh, t out en larmes, bénit Di eu et s'écria
qu'elle avait perdu son fils dans ce monde, mais
qu'elle l'avait gagné dans l'autre.
Les princes et les Grands de la Géorgie v i n –
r e n t présenter à Vazkène leurs condoléances
pour la perte qu ' i l venait de faire. A l o r s le r o i fit
dire à Chouchanigh de se rendre avec ses gardes
dans une maison qu i se trouvait auprès de
l'église, à côté du palais du patriarche, et d ' y
rester jusqu'au départ de ses hôtes. E l l e s'y
r end i t immédiatement et profita du voisinage
de l'église pour p r i e r avec plus de ferveur.
Les princes pa r t i r en t et Vazkène fit encore
p r i e r Chouchanigh de r even i r auprès de l u i , de
changer d'idées à son égard et de v i v r e désor–
mais en bon accord avec l u i . I l l u i p r omi t que
si elle y consentait, i l la comblerait d'honneurs
et de richesses. Mais elle persista à vouloir v i v r e
l o i n d'un apostat: elle l u i r end i t même tous ses
bijoux et ses ornements de princesse. F u r i e u x
de l a voir inébranlable, i l alla l a t r ouve r avec
Fonds A.R.A.M