ARMENIENNE
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cêtre des Arméniens, d'après la tradition- Marquart
ne partage pas cette opinion. Selon ce savant al–
lemand, les tablettes en terre glaise découvertes à
Boghaz-Keuy, indiquent que le hittite n'a pas de
rapport avec l'arménien,et qu'il n'est même pas une
langue indo-européenne (1).
Opinion des linguistes.-
Dans les temps moder–
nes, Lacrose (1661-1739) a identifié l'arménien avec
la langue des Mèdes. D'autres l'ont, après des re–
cherches plus approfondies, classé dans les langues
iraniennes. C'est ainsi que Bopp (1791-1867) lui a
donné une place à part dans sa
Grammaire
compa–
rée des langues indo-européennes
où i l développe les
principes scientifiques de la linguistique. Petermann
(1801-1876)
et Windischmann (1811-1861) ont clas–
sé l'arménien parmi les langues européennes. Plus
tard, F.R.Muller (1823-1900), de La Garde (1827-
1894)
et d'autres linguistes partagèrent cet avis et
dirigèrent leurs recherches dans ce sens. En tout
cas, ces savants faisaient entrer l'arménien dans le
groupe iranien, le plateau iranien étant considéré
comme le berceau des peuples indo-européens.
Théorie de Hubschmann.
-
C'est Hubschmann
qui réfuta le premier cette opinion(2). I l démontra
que l'arménien était une langSie indépendante et
distincte; par son vocalisme elle se rattache aux
langues européennes et non aux langues aryennes.
Le savant allemand est parvenu à ce résultat en
épurant l'arménien de tous les mots étrangers (per–
sans, grecs, syriaques). I l a ainsi dégagé admirable–
ment les caractères phonétiques et morphologiques
de cette langue. Ses théories sont admises par la
la majorité des linguistes- Les recherches se pour–
suivent aujourd'hui d'après elles.
La base de l'arménien est donc indo-européenne ;
il appartient à la branche européenne de eette fa-
1)
Marquart, op. cit., p. 10.
2)
Hubschmann, dans Je
Zeitschrift
fur Vergleichende
Sprach-
farschung,
1873,
t. xxxu, p. 5-42.
Fonds A.R.A.M