I.'ARMÉNIE SOUS L'HÉGÉMONIE SASSANIDE
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ducteurs de la langue grecque M
1
.
D'autres traducteurs vinrent
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l'empire byzantin se joindre à Eznik, notamment Lévond
.
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e ) de Vanand et Korioun Skantchéli lui-même (Korioun
admirable), l'auteur de la biographie de Mesrop
2
.
Après ce
r
êcollement, les membres de la laborieuse équipe, « munis des
noies authentiques des Saintes Écritures, des écrits dictés par
la grâce divine des Pères et des canons des saints conciles de
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icée et d'Éphèse, s'en retournèrent dans leur patrie d'Arménie.'
Qe leur côté, les bienheureux Sahak et Mesrop qui avaient précé–
demment traduit du grec en arménien l'ensemble des livres
ecclésiastiques, firent également passer dans leur langue un grand
nombre de sages et pieuses pensées des patriarches. Ensuite
Sahak reprit en sous-œuvre les livres qui avaient été traduits
d'abord à la hâte et sur des exemplaires défectueux. I l corrigea
les premières versions sur les textes plus authentiques apportés
de Constantinople, et compléta les versions arméniennes par un
grand nombre de commentaires ». Mesrop, au témoignage de son
biographe, composa aussi à l'usage du peuple nombre d'homélies
et de commentaires
3
.
Il n'est pas douteux que la traduction de la Bible — traduction
déjà assez avancée vers 405
—
ait donné une impulsion décisive
à l'évangélisation de l'Arménie. « Dès que Sahak eut terminé
cette œuvre considérable, écrit Lazare de Pharpi, an fonda des
écoles pour le peuple. Des copistes empressés se multiplièrent,
les cérémonies religieuses acquirent un nouvel éclat. Grâce aux
sources spirituelles du saint patriarche Sahak, la science du Sei–
gneur remplit l'Arménie comme les eaux remplissent la mer
4
. »
Disons tout de suite que peu d'événements marquèrent autant
dans la vie d'un peuple que l'invention de l'alphabet mesropien
et la traduction de la Bible en arménien. D'un seul coup, la
langue arménienne s'éleva à la dignité de langue littéraire ; la
classe cultivée cessa d'être comme dénationalisée au profit du
milieu byzantin ou syriaque. Une riche littérature commença
avec non seulement les traductions sacrées que nous venons de
mentionner, mais aussi déjà des œuvres originales comme la
biographie de Mesrop par son disciple Korioun ou comme la
Réfutation des sectes
d'Eznik de KoZb
5
.
Ajoutons que pour une
1-
KORIOUN, p. 12.
2.
KORIOUN, /.
c.
Cf. ADONTZ,
Machtotz et ses élèves d'après les sources
étrangères,
Handès-Amsorya mai-juin 1924 et sq.
3.
KORIOUN.
I. c.
4.
LAZARE. X I .
5
Biographie de Korioun et d'Eznik dans LANGLOIS,
Coll. des historiens....
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X I
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originaire du village de Ko/b dans le Taïq. naquit
^ers 400. Il composa sa
Réfutation
des Sectes
entre 445 et 448. Par la suite
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évêque du Bagrévand. Voir sur l u i la thèse du P. MARIES, Le
•
aeDeo
«
d'Eznik,
Revue des Études Arméniennes,
t. 4, 2, 1924, p. 113-205
JÙOK
'
1 9 2 5
-
P- 13-130, et ADONTZ,
Notes critiques sur Eznik,
Basmavep/
;
aussi ADONTZ.
Le questionnaire de Saint Grégoire l'Illuminateur
e,
Histoire de l'Arménie.
12
Fonds A.R.A.M