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L ' A RM É N I E SOUS L ' H É G ÉMO N I E S A S S AN I DE
r o y a l
1
. »
Sur cette assurance ou sur cette menace, nombre de
nakhararq
abandonnent Archak I I I et retournent en Grande
Arménie où ils se soumettent à Khosrov I I I . Ne restent auprès
d'Archak que quelques derniers fidèles, notamment Dara, fils
de Babik, seigneur de Siounie, Gazavon, seigneur du Chirak et
de l'Archarouniq, Peroz Gardmanatsi, Atat Gnouni, Kénan
Amatouni et Soura de Mokq. I l y eut même certains
nakhararq
possessionnés sur le territoire dépendant d'Archak I I I q
u
j
allèrent rejoindre son rival. Tel fut le cas de Sahak Bagratouni
dont la famille était établie dans la région de Sper (Ispir), sur
le Tchorokh
2
.
Khosrov I I I dont l'adhésion d'un seigneur aussi
puissant renforçait la position, le récompensa en lui donnant,
spécifie Moïse, des domaines confisqués sur les fidèles d'Archak III.
Nommé commandant en chef des armées de Khosrov, Sahak
Bagratouni alla, pouf le compte de son maître, ramener dans
l'obéissance certains clans révoltés du Vanand (pays de Kars)
qu'il poursuivit jusque dans les montagnes du Taïq
3
.
Le même
auteur nous raconte ensuite une romanesque histoire à propos du
trésor d'Archak I I I , que ce prince faisait transporter d'Ani-
Kamakh vers le Dzophq. Le trésor est enlevé par des traîtres qui
vont le cacher dans une caverne du Manana/i (le Mananalis des
Byzantins). Samouel le Mamikonian, un des fidèles d'Archak III,
essaye de récupérer les précieuses cassettes quand survient
Sahak Bagratouni qui s'en empare et va les offrir à Khosrov
s
.
En réalité, malgré les troubles de l'Arménie à cette époque, on
voit mal comment Sahak, qui opérait aux confins romano-
perses, dans les montagnes entre Vanand et Taïq, pouvait
exécuter un tel coup de main jusque dans le MananaZi, c'est-à-
dire dans le district de Bizana (Vidjan), tout au sud-ouest
d'Erzeroum, entre la Derzène et la Khorzianène....
La même source nous parle enfin d'une guerre que se firent
Archak I I I et Khosrov I I I , sans que les protecteurs respectifs
des deux rois, les Byzantins et les Perses, se souciassent d'in–
tervenir. Archak prend l'offensive et occupe le Vanand, mais il
est définitivement vaincu dans une grande bataille qui a pour
théâtre la plaine d'Erévèl. Serré de près par Sahak Bagratouni,
Archak ne réussit que grâce au dévouement de Gazavon, sei–
gneur du Chirak, à s'échapper avec une faible escorte. I l meurt
d'épuisement et de douleur en arrivant dans FEkéZéatz où.
comme on l'a dit, i l avait sa résidence à Erzindjan
5
.
Les
Romains, qui n'avaient rien fait pour le secourir, profitèrent de
son décès en évitant de lui donner un successeur : son royaume,
1.
MOÏSE. I I I , 4 2 . Cf. THOMAS ARZDZROUNI, . I , § 10, p. 60.
2.
MOÏSE. I I I , 4 3 .
3.
Ibid.,
I I I , 5 4 .
4.
MOÏSE, I I I , 45.
5.
MOÏSE, I I I , 4 6 .
Fonds A.R.A.M