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L E S ARSACIDES CHRETIENS
hommes, une diversion dans « le district de Chiliocome, le p^
fertile de toute la Médie », tandis qu'avec le gros des légion
Julien lui-même s'avançait jusqu'aux portes de la capitale p
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Ctésiphon (363). Malheureusement î'empereur-soldat mourm
1
d'une blessure au cours d'un combat d'arrière-garde entre Ctési-I
phon et l'Assyrie et son indigne successeur, Jovien, rétrocéda'
lâchement aux Perses toutes les conquêtes romaines, savoir
d'une part, les places fortes de Singara et de Nisibe, qui commart
daient la rive droite du Tigre du côté de l'Assyrie, d'autre part
les cinq provinces transtigritanes : l'Arzanène (région d'Arzèn)
la Moxoène (Mokq), la Zabdikène (région de Finik, au nord-ouest
de Djéziret ibn-'Omar), la Réhimène (dans l'angle méridional
entre le confluent du Bohtan-sou et le Tigre) et la Gordyène (dans
l'actuel Hakkiari)
1
.
C'étaient, comme on le voit, les bastions
méridionaux de la forteresse arménienne que le lamentable
Jovien abandonnait aux Perses (363).
Mais le défaitisme de Jovien ne s'arrêta pas là. « Par une clause
additionnelle, concession déloyale autant que funeste, écrit
l'honnête Ammien Marcellin, i l fut stipulé qu'Arsace (Archak II),
l'ancien et fidèle allié du peuple romain, ne pourrait à l'avenir
être secouru par nous contre les Perses. L'ennemi voulait par là
d'abord punir ce prince du ravage de la province de Chiliocome
qu'il avait opéré par ordre de Julien, et, subsidiairement, se
ménager des facilités pour envahir plus tard l'Arménie
2
. »
De
leur côté, les chroniqueurs arméniens nous parlent de la lutte
que, vers la fin de son règne, Archak I I dut soutenir contre les
envahisseurs perses. D'après Faustus, l'armée arménienne, an
moment du traité de Jovien avec Châhpouhr I I , surveillait la
frontière arméno-perse du côté de Gandzak (Gandja ou Eliza-
vetpol), face à l'Azerbaïdjan sassanide
3
.
Archak I I , secondé parle
sparapet
Vasak Mamikonian, aurait résisté, semble-t-il, pendant
plus d'un an, aux Perses et leur aurait infligé plus d'un échec.
Faustus nous montre les deux hommes repoussant d'abord les
Perses qui avaient pénétré jusqu'aux districts de Vanand et de
Baséan, dans l'Arménie septentrionale.
i
.
Mais à ce moment se
produit la trahison du néfaste Méroujan Ardzrouni, qui guide
l'ennemi vers son ancienne patrie. Cette fois, les Perses attaquent
par le sud, du côté de l'A/tzniq et du Dzophq, « écrasant les
hommes aux pieds de leurs éléphants et attachant femmes et
enfants aux timons de leurs chariots ». Ils démantelèrent l'ancienne
capitale de Tigranocerta dont ils emmenèrent les habitants en
captivité. S'ils échouèrent contre le château d'Ange/ ou AngZ, à
1.
A M M I E N MA R C E L L I N , ] . X X V , ch. v u , p. 2 4 0 .
2.
Ibid.,
p. 2 4 1 . FAUSTUS, 1. I V , ch. x x i , donne en résumé une indication
analogue.
3.
FAUSTUS, 1. I V , ch. x x i .
4.
FAUSTUS, 1. I V , ch.
x x n .
Fonds A.R.A.M