L E S ARSACIDES CHRÉTIENS
139
arménien, Vardan Mamikonian, frère aîné de Vasak. Le serment
ainsi obtenu n'empêcha d'ailleurs pas Archak I I de s'enfuir de
la cour de Perse. Une fois parvenu en Arménie, i l se serait dégagé
de l'alliance perse. 11 est à remarquer que le conseil de rompre avec
la Perse lui avait été donné par Vasak Mamikonian qui se mettait
ainsi à la tête du parti romain. Au contraire, Vardan Mami–
konian paraît avoir été le chef du parti perse, ce dont, comme on
l'a vu, Archak I I finit, à l'instigation de Vasak, par le punir en le
faisant massacrer
1
.
En réalité, ce renversement des alliances dut demander un
certain temps. D'après un passage de Procope
2
,
qui semble
confirmer certaines assertions de Faustus de Byzance
3
,
Archak
aurait même un moment guerroyé dans la région de Nisibe
comme allié des Perses contre les Romains. D'autre part, au
témoignage d'Ammien Marcellin, écrivain contemporain et
particulièrement bien informé pour cette région, l'empereur
Constance, en 360, manda auprès de lui, à Césarée de Cappadoce,
«
le roi d'Arménie Arsace », c'est-à-dire ce même Archak I I , « et,
après lui avoir fait la réception la plus honorable, i l mit toute
espèce de raisonnements et de persuasion en œuvre pour le
décider à rester inviolablement attaché aux Romains. I l savait
en effet que, supercheries, intrigues, menaces, le roi de Perse avait
tout essayé auprès de ce prince pour nous l'aliéner et l'attirer
dans son parti. Arsace fit le serment de mourir plutôt que de
changer à notre égard et s'en retourna comblé de présents, lui et
sa suite. Sa foi fut bien gardée, et, en effet, des liens multipliés
de gratitude l'attachèrent à Constance. Le principal était le
mariage que ce dernier lui avait fait contracter avec Olympias,
fille d'Ablabius, ancien préfet du prétoire, laquelle antérieure–
ment avait été fiancée à son frère Constant »
4
.
En 361, et tou–
jours au témoignage d'Ammien Marcellin, Châhpouhr I I essaya
de contrebalancer l'influence romaine en comblant Archak I I
de cadeaux, notamment de vêtements royaux d'une grande
magnificence
5
.
Mais le prince arménien dut rester fidèle à
l'alliance romaine puisque, en 362, Ammien nous le montre
envoyant à Constantinople une ambassade à l'empereur Julien
qui venait de succéder à Constance
6
.
On sait que Julien entreprit l'année suivante une grande
expédition à travers la Mésopotamie sassanide. I l chargea
Archak d'opérer, avec un corps d'armée romain de 30.000-
1.
FAUSTUS, 1. I V , ch. x v i et x v i n . Cf. P . PEETERS,
Le début de la persécu–
tion de Sapor d'après Fauste de Byzance,
dans
Revue des Études
Arméniennes,
t- i , 1, 1920, p. 15-19.
2.
PROCOPE,
De bello persico,
I , 5.
A-
FAUSTUS, 1. I V , ch. x x , p. 256-257.
4.
AMMIEN MA R C E L L I N . 1. X X
ch. x i , p 139-140.
f Ibid.
1.
X X I ch. v u , p. 151.
6-
Ibid.,
1.
X X I I I , ch. m , p. 193-194.
Fonds A.R.A.M