134
L E S ARSACIDES CHRÉTIENS
captifs
1
. »
D'après Markwart, l'événement se placerait vers 350 '
Chez Moïse de Khorèn nous trouverons une tradition analogie
mais reportée à la fin du règne de l'empereur Julien, donc après
363. «
Diran » a fourni à Julien des auxiliaires pour la campagne
de l'empereur en Mésopotamie, mais i l s'est laissé entraîner p
at
celui-ci à rendre des honneurs aux « idoles »
3
.
En vertu de lj
justice immanente, le roi de Perse Châhpouhr I I , une fois
débarrassé de Julien, attire Diran dans une entrevue au cours de
laquelle i l lui fait crever les yeux. Après quoi Châhpouhr donne
le trône d'Arménie à Archak I I , fils de sa victime
4
.
Comme on le
verra, cette dernière version qui semble chronologiquement
impossible, nous amène à penser que Moïse de Khorèn et peut-être
aussi Faustus ont confondu la fin de Tigrane V I I avec celle de son
fils Archak I I . Quoi qu'il en soit, ce dernier, vers 350, remplaça
son père sur le trône d'Arménie.
Vers 360 l'empereur Constance consolida le trône d'Archak II
en lui donnant en mariage la Romaine Olympias, fille du préfet
du prétoire Ablabius
5
.
Archak I I dans la tradition arménienne. Saint Nersès.
Sur la politique intérieure d'Archak I I nous sommes réduits
aux récits en partie légendaires et, de surcroît, parfois discor–
dants, de Faustus et de Moïse de Khorèn. Pour Faustus, Archak
ramena l'ordre dans le pays en rendant sa faveur à la puissante
famille féodale des Mamikonian, proscrite sous le précédent
règne et qui revint alors de son exil du Taïq. Les deux chefs de
cette maison, Vardan et Vasak, furent rétablis dans tous leurs
biens et dignités. Vasak fut nommé
sparapet,
c'est-à-dire géné–
ralissime. Les levées féodales furent réorganisées et redistribuées
pour la garde des frontières sous la direction générale de ces
mêmes Mamikonian et aussi d'une autre famille seigneuriale,
celle des Gnouni, ouKénouni. « L'armée entière avec tout ce qui
en dépend, c'est-à-dire les munitions d'armes, les piques, les
arcs, les étendards ornés d'aigles et de faucons, ainsi que le com–
mandement des troupes en temps de guerre, fut confiée aux des–
cendants de l'ancienne famille des Mamikonian qui furent
investis des charges de
stratélatès
et de
sparapet.
Ils étaient
renommés pour leur intrépidité et leur valeur militaire. On eût
dit que le ciel même leur accordait l'administration militaire dans
1.
FAUSTUS, 1. I I I . ch. x x .
2.
Zeitschrift D. Morgenl. Ges.,
X L I X , p. 221.
3.
MOÏSE D E K H O R È N ' 1. I I I , ch. x m . *
4.
MOÏSE, 1. I I I , ch. x v n .
5.
A M M I E N ,
1.
X X , ch.
x i , 3.
Cf.
MA R QUA R T ,
Untersuchungen zur Ges-
êhichte von Eran,
5,
Zur
Kritik des Faustos von Byzanz,
dans
Philologus,
t. 65, (1896), p. 220.
Fonds A.R.A.M