L E S A R S A C I D E S
C H R É T I E N S
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ancien collaborateur de saint Grégoire et chef de la chrétienté
du Tarôn, voulut réprimander le roi qu'il vint trouver à cet effet
• ,
Baraèdch » dans l'AZtzniq. Celui-ci le fit étrangler sur le
champ Malgré ces violences, la maison de saint Grégoire con–
serva tout son prestige et le clergé proposa le patriarcat aux
deux fils de Housik, Pap et Athanakinès. Sur leur refus, on
éleva au patriarcat un de leurs parents, Pharèn d'Achtichat qui
occupa ces fonctions de 348 à 352 et à qui Faustus reproche sa
longanimité envers le roi Tigrane V I I
2
.
Toutefois, à la mort de
Pharèn, le patriarcat sortit d e l à famille de l'Illuminateur pour
être confié, i l est vrai, au représentant d'une autre famille épis-
copale, Chahak de Manazkert (352-353)
3
.
Tigrane V I I est décrit par les chroniqueurs comme un tyran,
non seulement pour sa conduite envers l'Église, mais aussi pour
ses sévices envers la noblesse. D'après Faustus, i l donna l'ordrj
d'exterminer deux des grandes familles féodales, celle des
fiechtouni et celle des Ardzrouni ; seuls, deux rejetons de ces
deux familles, deux enfants, Tadjat jRechtouni et Chavasp
Ardzrouni, purent être sauvés du massacre grâce à la protection
de membres de la maison Mamikonian, Vardan ou Artavazd
Mamikonian et Vasak Mamikonian, qui, après cela, se réfugièrent
au Taïq
4
.
Pour Moïse de Khorèn, le chef de la maison des
Rechtouni, Zora, s'était, au nom de l'Église persécutée, révolté
contre le roi Tigrane. I l s'était retranché dans le canton de
Tmoriq, province de Kordjaïq, une des marches méridionales de
l'Arménie, mais i l fut abandonné des siens et se rendit au roi
qui le fit* périr avec toute sa race, à l'exception du jeune Tadjat,
son neveu
5
.
D'après Faustus de Byzance, le règne de Tigrane V I I se ter–
mina dramatiquement. Après une contestation romanesque à la
manière des contes persans (une substitution de chevaux dans
le don d'un coursier destiné aux écuries perses), un satrape
perse, le
marzban
de la province d'Azerbaïdjan, appelé ici
Varâz-Châhpouh, se fit inviter par « Diran » à de grandes chasses
dans le district d'Apahouniq. Au cours d'un festin qui suivait les
battues, le marzban profita de l'ivresse générale pour s'emparer
du roi ainsi que du prince héritier Archak. I l fit brûler les yeux du
monarque arménien avec des charbons ardents, au. village appelé
depuis AdzouZ (charbon). « Après quoi le général des Perses
repartit pour son pays en emmenant avec lui Diran et tous les
1.
FAUSTUS, I I I ,
ch. xiv.
2.
FAUSTUS. 111. ch. x v i . MOÏSE. I I I . x v i .
:
i. FAUSTUS. 111. (h. X M I .
4.
FAUSTUS. 111. ch. x v m , THOMAS A R D Z R O U N I , trad. BROSSET 1 1. 5 .
t-
1,
p. 52.
5.
MOÏSE DE K H O R È N , I I I , ch. xv.
Fonds A.R.A.M