L E S A R S A C I D E S
C H R É T I E N S
125
tuaires païens, notamment, nous dit Zénob, les bourgs de Mouch
et de Parekh (Parkhou)
1
.
Quant à Agathange, c'est alors qu'il
nlace le baptême du roi Tiridate I I I : « Grégoire convoqua l'armée,
le roi avec la reine Achkhèn et tous les grands ; il les conduisit sur
j3 rive de l'Euphrate et i l les baptisa
2
. »
D'après notre chroni–
queur, l'Église arménienne aurait dès lors reçu une dotation
officielle : « Le roi écrivit pour qu'on donnât à chaque église
quatre champs dans les campagnes et sept domaines dans les
bourgs. » « Ainsi répandit-il l'Évangile depuis Erzindjan jusqu'à
Amida, depuis Amida jusqu'au Gougarq. » Les Arméniens n'ayant
pas encore d'écriture propre, Grégoire créa des collèges pour
l'étude de la Bible soit en grec, soit en syriaque
3
,
mais Agathange
ajoute que, dans sa prédication, lui-même parlait la langue
arménienne
4
.
Estimant son œuvre accomplie, saint Grégoire se retira du
siècle pour mener la vie érémitique à Manaïarq, « la grotte de
Mané », c'est-à-dire au mont Sépouh ou Kohanam, dans la pro–
vince de DaranaZiq, aux confins de la Cappadoce. I l reçut alors
comme coadjuteur son propre fils, Aristakès, lequel assista en
325
au concile de Nicée où son nom figure sous la forme d'Aris-
tanès ou d'Aristakios
5
.
Grégoire serait mort en cette même année
325,
dans son ermitage de Manaïarq d'où ses-restes furent trans–
férés à Thordan, dans la même province de DaranaZiq
6
.
Il est le premier patriarche de l'Église arménienne
7
.
Caractère araméo-parthe des premières chrétientés
arméniennes
Meillet fait observer que les termes essentiels du vocabulaire
religieux de la nouvelle Église arménienne furent empruntés à la
langue syriaque ou à la langue iranienne. « Pour désigner le prêtre,
1.
Cf. ZÉNOB DE K L A G ,
Histoire du Daron(Taron),
ap. LANGLOIS, 1 1 , p. 3 4 4 -
349.
H O N I GMA N N , (.
c.,
p. 2 0 6 .
2.
AGATHANGE, ch. ex v u , § 149.
3.
AGATHANGE, ch. cxx, § 1 5 2 .
4.
Ibid.,
ch. C X X I I I , § 1 5 8 .
5.
Cf. G E L Z E R - H I L G E N F E L D ,
Patrum Nicaenorum nomina,
Leipzig, 1898..
6.
FAUSTUS, 1. I I I , ch. n , p. 2 1 1 . MOÏSE D E K H O R È N , 1. I I , ch.
L X X X X I
p. 130. Sur Thordan, cf. HU B S C HMANN ,
Ortsnamen,
p. 2 8 4 . D'après la tradi–
tion ecclésiastique arménienne, le corps de saint Grégoire l'Illuminateur
aurait par la suite été rapporté par un prince mamikonien (Grigor Mami-
konian, gouverneur de l'Arménie de 6 6 2 à 6 8 5 ) à Va/archapat (Etchmiadzin)
soit de Thordan, soit de Constantinople. Le maxillaire du saint aurait été
cedé^ à l'évêque d'Aghouanie Israël et au prince aghouan Varaz-Terdat
"
grâce aux instances de son oncle Djouvanchêr et de sa tante, épouse de
Grigor Mamikonian ». ( MU Y L D E RMA N S ,
La domination arabe en
Arménie,
P- 85, n° 2, avec bibliographie de la question).
7.
Le mot
nahapet
«
patriarche » en arménien, est d'origine iranienne (cf.
HUBSCHMANN,
Armenische Grammatik,
p. 2 0 0 ) . I l désignerait initialement
un « chef de tribu » et serait à rapprocher du parthe *
nâfapiti
(
M E I L L E T .
u
'
quelques mots parthes en arménien,
R. É. A.,
t.
2,
1 , 1 9 2 2 ,
p. 2 ) .
Fonds A.R.A.M