Dînons, ayant appris la venue de Barsouma sur
les terres de son domaine, donna l'ordre de le
menacer de punitions terribles et de l'exiler, s'il ne
se conformait point à ses ordres. Alors Barsouma,
par esprit de vengeance, effaça toutes les men–
tions relatives à la maison des Ardzrouni qui se
trouvaient dans le livre d'Elisée, y compris le
martyre de Vahan Ardzrouni. Elisée, qui s'é–
tait retiré sur les bords du lac du canton des
Reschdouni, n'eut pas le temps de revoir son
Histoire, carpresque aussitôt i l mourut. C'est pour
cela, à ce que dit Thomas Ardzrouni, que le saint
docteur laissa son livre inachevé.
L'Histoire d'Elisée a été publiée à différentes
reprises. Abraham d'Edchmiadzin donna, en
1764,
à Constantinople, une édition de ce livre
qui est considérée comme la première. Depuis, en
18
a
3
,
on a réimprimé dans la même ville une
nouvelle édition; mais ces deux textes sont fort
incorrects
(1).
Je ne saurais rien dire d'une autre
édition du même ouvrage, imprimée
à
Nakhit-
chévan en
1787,
et que je trouve citée dans le
«
Catalogue de la littérature arménienne » rédigé
par M. Patkanian
(2).
L'archevêque Joseph Ar-
goutiantz ( Argoutinsky ) réimprima en
1787 ,8
Saint-Pétersbourg, l'Histoire d'Elisée. Cette édi–
tion est fort rare et i l m'est impossible de dire si
elle est préférable aux précédentes. Les Mékhî-
taristes de Venise ont, de leur côté, publié de
nombreuses éditions de l'Histoire d'Elisée. Ainsi,
la première édition qui parut à Saint-Lazare, en
1825,
offre déjà un texte pur, bien que des amé–
liorations très-sensibles aient été introduites dans
les éditions postérieures (3), et notamment dans
celle de
1864.
En
1861,
M. Khorène Calfa a
donné une édition de l'Histoire d'Elisée, à Théo*
dosie de Crimée (Caffa)
(4),
d'après le célèbre
manuscrit des Antzévatzi. Cette édition est eu-
rieuse à cause des variantes qu'elle renferme et
que les autres éditions ne donnent pas. Enfin,
une édition de l'Histoire des Vartaniens a été
imprimée en i865, au couvent de Saint-Jacques à
Jérusalem, par les soins du patriarche Esaïe. Cette
(1)
Sukias de Somal.
Quadro délia storia litt. di Ar-
menia,\>.
32.
(2)
Bulletin de l'Acad. des se. de St-Pétersb., t.
If,
p.
57.
(3) 1828, 1838, 1852, 1859, 1864.
(4)
Histoire des Vartaniens, par Éghiscbé (Elisée) ;
1
vol. in
-12
de
342
p.
CTION.
181
édition fait partie d'une « Collection d'auteurs
choisis » que ce savant prélat se propose de pu–
blier, en mettant à profit les précieux manus–
crits conservés dans la bibliothèque de son mo–
nastère patriarcal
(1).
L'Histoire d'Elisée a été traduite en plusieurs
langues européennes. La première traduction est
en anglais; elle fut donnée à Londres, en i83o,
par M. Neumann, aux frais du Comité des traduc–
tions
(2).
L'abbé Cappclletti a publié à Venise, en
1840,
une excellente version italienne de l'His–
toire d'Elisée (3). Le P. Garabed Kabaradji, pen–
dant le long séjour qu'il fit à Paris, traduisit le
même ouvrage en français; mais cette version
est très-infidèle et doit être plutôt considérée
comme une paraphrase que comme une traduc–
tion
(4).
M. Pierre Chancheïef, Arménien de Tiflis,
a publié dans cette ville, en i853 (5), une tra–
duction russe du livre d'Elisée qui est assez es–
timée. Enfin , on a édité à Moscou, en i863, une
traduction en arménien vulgaire de la même
Histoire (6), qui est plus intelligible à la lec–
ture que le texte original d'Elisée écrit, comme
on le sait, dans le style classique le plus pur.
Telles sont, à ma connaisance, les éditions et
les traductions de l'Histoire des Vartaniens, ou–
vrage remarquable au point de vue littéraire, et
précieux surtout à cause des données qu'il nous
fournit sur les événements accomplis en Arménie
au milieu du cinquième siècle, et sur quelques par–
ticularités de la religion de Zoroastre, qui ne se
rencontrent point dans le chapitre I I du livre
d'Eznig. Comme œuvre littéraire, l'Histoire d'E–
lisée est considérée à juste titre, par les Armé–
niens, comme un des morceaux les plus bril–
lants de leur littérature classique. En effet, bien
que l'annaliste des Vartaniens fasse partie de la
classe des traducteurs, cependant i l a su résister,
plus qu'aucun autre de ses compagnons d'étude,
à l'introduction de l'hellénisme dans le lan-
(1)
Touchant les batailles de Vartan et des Armé–
niens, par Éghisché Vartabed;
1
vol. in
-12
de
431
p.
(2)
The history of Vartan ....by Elisxus, bishop of
the Amadunians
l
vol. in
-4
°de
111
pag.
(3)
Eliseo storico armeno del
F°
secolo, versione
del prête G. Cappelletti;
1
vol. in
-8
°de
240
pag.
(4)
Soulèvement national de l'Arménie chrétienne
au Ve siècle
; 1
vol. in
-8
°
de
358
p. avec une carte.
(5) 1
vol. in
-8
°
de
344
p. avec une carte.
(6)
J'ignore le nom du traducteur, et je n'ai pu me pro–
curer aucun renseignement sur cette édition.
Fonds A.R.A.M