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MOÏSE DE
de te prêter l'hommage comme à César. Si cette
proposition ne t'est pas agréable et que les satrapes
retournent de bon gré, je nem'y opposerai pas. »
Sapor, ayant eu connaissance de cette réponse,
établit comme roi de l'Arménie soumise à son
autorité, Chosroes (i) qui était aussi un Arsacide.
I l envoie aux satrapes de sa domination qui
avaient suivi Arsace, un édit ainsi conçu :
Lettre de Sapor aux satrapes,
«
Le plus brave des héros, Sapor, roi des
rois, aux satrapes d'Arménie qui ont des do–
maines dans mes possessions [arméniennes], salut
à vous !
«
I l n'est pas noble d'avoir abandonné vos do–
maines, ce qui du reste ne nous fait éprouver aucun
dommage; mais, en souverain généreux,nous
avons eu pitié de vous et de votre pays, en pen–
sant que si les troupeaux ne peuvent rester sans
pasteurs, les pasteurs eux aussi ne peuvent se
passer d'un chef supérieur. C'est pourquoi nous
vous avons donné pour roi Chosroes qui pratique
votre religion et qui appartient à la race de vos
rois. Rentrez donc dans vos domaines et reprenez
votre pouvoir habituel. Nous jurons par le Feu,
par l'Eau et par la gloire de nos immortels an–
cêtres, que nous avons agi sans arrière-pensée et
sans ruse et que nous garderons
ce pacte
invio–
lable. Quant à ceux qui n'obéiront pas à nos or–
dres, nous avons ordonné que leurs maisons, leurs
villages et leurs établissements soient réunis au
domaine royal. Soyez en santé ! »
CHAPITRE XL I I I .
Les satrapes à*Arménie retournent chacun dans
leurs domaines, et prennent du service chez les
deux rois.
Les satrapes arméniens qui avaient leurs do–
maines dans les cantons de la partie du pays ap–
partenant aux Perses, ayant appris que Sapor
leur avait donné un roi chrétien et Arsacide, et
voyant l'édit déjà mis à exécution, abandonnè–
rent Arsace et retournèrent dans leurs propres
domaines, excepté trois jeunes gens qui avaient été
élevés avec le roi , et étaient ses plus proches pa–
rents. C'étaient Tara, fils de Papig, seigneur de
Siounie et beau-frère d'Arsace, Kazavon, fils de
Sbantarad, seigneur de Schirag et d'Arscharouni,
(1)
Chosroes ou Khosrov I I I régna sur la partie de
l'Arménie soumise aux Sassanides, depuis l'an
387
(
Faus–
tus de Byz., I . vi, c.
1).
KHORÈNE.
Béroze (Firouz) de la race des Kartmanatzi, avec
leurs partisans, Adad delà race des Kenouni, Génan
de la race des Amadouni, Soura de la race de
Mog, Resdom Aravénian et d'autres qui sont
inconnus. En conséquence, Chosroes réunit leurs
domaines à la couronne par ordre de Sapor, sans
laisser au père les possessions du fils, ni an frère
celles du frère.
Cependant i l se trouva quelques satrapes qui
avaient leurs domaines dans la partie du pays
soumise aux Grecs, etdans les possessions d'Arsace,
comme le commandant de la cavalerie, Sahag,
beau-père de Valarsace frère d'Arsace, qui cher–
chèrent à aller rejoindre Chosroes. Arsace en
voulait à Sahag, parce que sa femme l'excitait
contre ce dernier [en disant] qu'il portait un
ornement royal laissé par son gendre. Alors s'éle–
vèrent contre Sahag des accusations mensongères
de la part de ses parents du canton de Sber. C'est
pourquoi le roi Arsace le persécuta, et Sahag
chercha à le fuir et à se réfugier auprès de Chos–
roes. Sahag avait pour fauteurs et complices de
ses
projets
Sourèn
Khorkborouni, Vahan Ara-
vélian et Aschkhatar de la race de Timakhsian.
Lorsque Sahag fut parti, ceux-ci ne le suivirent
pas, parce qu'Arsace, avec ses troupes, les em–
pêcha de partir. Ils cachèrent dès lors leurs
projets sous le voile de l'hypocrisie, en attendant
une occasion favorable.
CHAPITRE XUV .
Chosroes comble d"honneurs Sahag command
de la cavalerie.
Ses exploits contre les bri–
gands de la race de Fanant»
Chosroes fut très-satisfait [de la venue du com–
mandant de la cavalerie Sahag; i l le mit à la téte
de ses propres troupes, lui rendit les possessions
de ses pères et lui donna en outre d'autres bour–
gades avec les terres provenant de l'héritage de
ceux qui avaient quitté le territoire perse pour
rester auprès d'Arsace.
A ce moment, quelques membres de la race
de Vanant (î) se révoltèrent contre Chosroes»
Ils ne se réfugièrent pas dans les domaines d'au-
trui, mais dans les forêts de leurs montagnes,
dans les défilés et les rochers des Daïk, et trou–
blèrent le pays sans relâche, en faisant des incur–
sions et des ravages sur les terres des deux rois
(1)
Le pays de Vanant, dans la province d'Ararat»
était voisin de la Pasène. — Cf. Saint-Martin,
Mém.
sur VArm., 1.
1,
p.
107-108. —
Notre Collection, 1.1,
p.
45,
note
1.
Fonds A.R.A.M