et tous ceux qui niaient le Saint-Esprit (les Pneu-
matomaques) (t).
CHAPITRE XXX I V .
Départforcé dArsace [pour aller trouver] Sapor.
—
Il ne quitte plus [ la Perse],
Sapor,libre enfin de toute guerre,envoie contre
Arsace, Alanaozan Pahlav, avec une troupe assez
nombreuse; c'était un parent d'Arsace ( 2 ) . Celui-
ci prend la fuite, car il était abandonné de la
plupart des satrapes qui, prêtant leur concours à
Alanaozan, allaient volontairement trouver Sapor,
tant ils étaient fatigués de leur roi Arsace, et,
comblés d'honneurs [par le roi de Perse], ils re–
tournaient dans notre pays. Arsace, très-inquiet,
envoie un message au chef de l'armée des Perses :
«
Toi, lui dit-il, mon sang et mon frère, pourquoi
me poursuis-tu avec tant d'acharnement ? Je sais
que tu viens ici malgré toi, ne pouvant trans–
gresser les ordres de Sapor et refuser de marcher
contre moi, ton parent. Laisse-moi donc m'é-
chapper à un moment donné, de façon que, m'é-
tant reposé, je puisse gagner la Grèce. Alors tu
prendras ce pays, et tu recevras de mof «omme
d'un sincère parent, un grand nombre je bien–
faits. »
Alanaozan envoya cette réponse à Arsace : « Tu
n'as pas épargné les Gamsarian nos parents, qui
me touchaient de plus près que toi par leur reli–
gion et par leur voisinage de mon pays ; com–
ment peux-tu donc espérer que je t'épargnerai,
puisque je suis, et comme religion et comme ha–
bitation, fort éloigné de toi? Comment, dans l'es–
pérance de tes bienfaits que je doute d'obtenir,
perdrais-je ce que je tiens de mon roi (3) ? »
Arsace, réduit alors à la dernière extrémité,
va malgré lui trouver Sapor qui le retient captif.
Ensuite, sous la pression de la violence, il écrit à
Pharandzem, sa femme, de se rendre à la Porte.
(1)
Cf. sur le 1
er
concile de Constantinople (2
e
œcu–
ménique), Mansi, t. III. — Meranda,
Proleg. in Dama-
sum;
c. 18, t. m de la Patrologie latine (éd. Migne).
(2)
Cf. Faustus de Byzance, 1. iv, c. 38.
(3)
Faustus de Byzance raconte, dans une suite de
chapitres, une série de victoires et de combats tous iden–
tiques, dans lesquels les Arméniens auraient triomphé
d'une vingtaine de généraux perses, envoyés pour les
soumettre à la tête d'armées immenses, dont les soldats
se comptaient par millions!!! Ce récit est évidemment
exagéré ; nous nous bornerons à signaler ici seulement
la campagne d'Alanaozan mentionnée par Faustus (1. iv,
c. 38 ) qui dit que ce général fut battu par le général ar–
ménien Vasag.
Sapor ordonne enfin à tous les grands de venir avec
la reine (1).
CHAPITRE XXXV.
Malheurs arrivés en Arménie par lefait de Sa/
—
Mort d'Arsace.
Les satrapes d'Arménie, qui, an liende défendre
Arsace, avaient donné la main
k
Sapor, voyant
qu'il veut leur enlever leurs femmes, et celles
des satrapes qui étaient restées fidèles à Arsace,
voyant aussi qu'Alanaozan s'en est allé avec la
petite troupe venue avec loi, les satrapes se réu–
nirent et la repoussèrent; puis, ayant pris leurs
femmes et leurs enfants, ils s'enfuirent en Grèce.
La reine Pharandzem, au lieu de se rendre à l'ap–
pel de son mari, s'enferme avec ses trésors dans
la forteresse d'Ardakers et prévient son fils Bab,
car elle espérait échapper aux poursuites de
Sapor. Celui-ci, au comble de la foreur, fit en–
chaîner Arsace et le fit conduire dans la contrée
de Khouzistan (Khoujasdan), dans la forteresse
appelée l'Oubli (Anousch)
( 2 ) ;
puis, ayant ras–
semblé une armée considérable sous les ordres
de Méroujan Ardzrouni et de Vahan Mamigonien,
ces apostats du Christ, il les lance contre l'Ar–
ménie (3). Ceux-ci arrivèrent et investirent la
place d'Ardakers. Ils ne pouvaient rien entre–
prendre contre les formidables murailles de la
forteresse; mais la colère de Dieu s'appesantis–
sait sur Arsace. Les soldats de la garnison ne
voulurent pas attendre des nouvelles de Bab et
se rendirent volontairement et sans nécessité.
Faits prisonniers avec les trésors de la princesse
Pharandzem, on les conduisit en Assyrie, et là on
les empala avec un timon de char, et ils mou–
rurent ainsi (4).
En ce temps-là arriva un ordre de Sapor, de
raser les fortifications de toutes les villes, d'em–
mener en captivité les Juifs qui, fidèles à la loi
mosaïque, habitaient à Van (5) dans le canton de
Dosp et qu'avait amenés Parzaphrane Reschdouni
au temps de Tigrane (6). Sapor les établit à As-
(1)
Cf. Faustus de Byzance, 1. iv, c. 52, 53,55.
(2)
Cf. Faustus de Byzance, 1. iv, c. 54. — Procope,
Bell, pers.,
1.
1,
c. 5. —On peut voir, dans le 1.1 dé
notre Collection, tous les détails de l'emprisonnement
d'Arsace, p. 268 et suiv., et les notes.
(3)
Cf. Faustus de Byzance, 1. iv
f
c. 57,58.
(4)
Cf. Faustus de Byzance, 1. iv, c. 55. — Ammien
Marcellin, 1. xxvu, c. 12.
(5)
Cf. Indjidji,
Géogr. anc.,
p. 179.
(
G) Cf. plus haut, 1.
11,
c. 19.
Fonds A.R.A.M