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MOÏSE DE
karad rend au roi un témoignage fidèle et sans
envie de la valeur et du courage de Vahan.
Aussi le roi donne à Vahan le champ de bataille
d'Osehagan, où i l s'était tout à coup révélé par
son grand cœur. A la place de Mihran, le roi
nomme commandant des troupes Rardchouïl Ma-
khaz chef des Khorkhorouni.
CHAPITRE X.
Mort de Chosroes. — Guerre entre les Arméniens
et les Perses.
Après cela, Chosroes apprenant que Sapor, roi
des Perses, donnait la main à ses ennemis,
rompit avec lui et lui refuse le tribut particulier
pour l'acquitter envers l'empereur (César). Se
mettant ensuite à la téte de l'armée grecque, i l
résiste au roi de Perse. Cependant i l meurt
bientôt après, après un règne de neuf ans, et i l
est enterré à Ani, à côté desespères ( i ) . Alors
Verthanès le Grand rassemble les satrapes de
toute l'Arménie avec les troupes et les chefs, confie
l'Arménie à Arschavir Gamsaragan
( 2 ) ,
comme
au premier et au plus illustre après le roi , et,
prenant avec lui Diran, fils de Chosroes, i l va
prier l'empereur de le mettre sur le trône
à
la
place de son père.
Cependant Sapor, roi de Perse, ayant appris la
mort de Chosroes et que Diran son fils avait été
trouver l'empereur, rassemble une armée con–
sidérable, sous le commandement de son frère
Nersèh (3), qu'il veut établir sur le trône d'Armé–
nie, et i l l'envoie dans notre pays parce qu'il le
croyait sans chef. Mais le brave Arschavir Gam–
saragan , s'opposant à cette invasion avec toutes
les forces de l'Arménie, livre bataille dans la
plaine appelée Mérough. Quoiqu'un grand nombre
des plus illustres satrapes aient trouvé la mort
dans ce combat, l'armée arménienne triomphe,
met en fuite les troupes perses, et garde le pays
jusqu'à l'arrivée de Diran.
généraux qui prirent part à cette affaire et cite Bagrat
(
Pakarad ) le Bagratide, Mènent agi et Karékin Resch–
douni, Vahan Amadouni et Varaz Gaminagan. Selon
Faustus, Vatché commandait en chef les Arméniens à la
bataille d'Osehagan.
(1)
Cf. Faustus deByzance, 1. m, c. 11.
(2)
Arschavir Gamsaragan était prince de Schirag et
d'Arscharouni (Faustus, 1.
m,
c i l . )
(3)
Selon les historiens grecs, Nersèh, qu'ils nomment
Nersès, était le fils de Sapor.
KHORÈNE.
CHAPITRE X I .
Règne de Diran. —Mort de Verthanès le Grand.
Saint lousig lui succède.
La dix-septième année de son règne, Constance
Auguste, fils de Constantin, met sur le trône Diran,
fils de Chosroes
(1),
et l'envoie avec Verthanès le
Grand, en Arménie. Etant arrivé, i l prend en
paix possession de notre pays, fait alliance avec
les Perses, renonce aux combats, et paie tribut
aux Grecs [d'une part, et de l'autre i l acquitte] un
tribut spécial aux Perses. I l vivait tranquille
comme son père, sans faire aucun acte de
prouesse ou de bravoure ; bien plus, loin d'imiter
les vertus paternelles, i l s'écartait secrètement
des voies de la piété, ne pouvant se donner
ouvertement au vice, en présence de saint Ver–
thanès.
Ayant passé quinze années sur le siège épis-
copal, Verthanès le Grand passe de cette vie
dans l'autre, la troisième année de Diran, et d'a–
près son ordre, on porte son corps et
on
le dépose
au village de Thortan
( 2 ) ,
comme s'il eût vu d'un
œil prophétique que, longtemps après, les restes
de son père reposeraient en ce même lieu. lou–
sig (3) son fils lui succède la quatrième année de
Diran et se montre fidèle imitateur des vertus de
ses pères.
CHAPITRE X I I .
Guerre entre Sapor et Constance.
Sapor, fils d'Hormisdas, cimenta avec notre roi
Diran une amitié encore plus étroite ; en le se–
courant avec ses armes, i l le délivre de l'irrup–
tion des nations du nord qui, liguées ensemble,
franchirent le défilé de Djor
(4),
et s'établirent
pendant quatre ans sur le territoire des Aghouank,
Sapor, après avoir subjugué beaucoup d'autres
rois et pris comme auxiliaires un assez grand
nombre de peuples barbares, fondit sur les pays
méditerranéens et sur la Palestine. Constance,
ayant déclaré Julien, césar
(5),
prit les armes
(1)
Diran I I régna de l'an 335 à l'an 341.
(2)
Cf. Faustus de Byzance, 1.
111,
c i l .
(3)
Le nom d'Iousig parait être la transcription de
l'appellationgrecque
Hésychios
;
cependanton peut croire
que ce nom est le diminutif du mot
Ioïs
(
prononcez ois)
«
espérance. »— lousig monta sur le trône pontifical en
330,
et fut tué six ans après par ordre de Diran, en 336.
Cf. Faustus de Byzance, 1. ni, c. 12.
(4)
Cf. plus haut, 1.
11,
ch 65.
(5)
Ammien Marccllin, 1. xv, c. 8. — Zosime, I . ni,
c. 1, 2. —
JuUan. ad Ath.; et Or.
3. —
Libanais
,
Or.
10.
Fonds A.R.A.M