contingents] de la Cilicie, dans les régions de
l'Assyrie et de la Mésopotamie; Vahan, chef des
Amadouni, avec l'armée de Test et les contin–
gents des Galates, dans la province de l'Adher-
badngan pour la défendre contre [les attaques] du
roi des Perses. *
Antiochus , laissant le roi Chosroès, qui était
de petite taille, faible de corps et n'ayant nulle–
ment l'apparence d'un guerrier, prend avec lui
Mihran Pakarad et leurs troupes, et se porte
avec toute l'armée grecque contre Sanadroug.
Celui-ci. ayant garni de soldats perses la ville de
Phaidagaran, se hâte de se réfugier près du roi
Sapor, avec les satrapes des Aghouank. Antio-
chus, voyant leur refus de se soumettre pacifi–
quement, donne ordre d'anéantir la puissance
des rebelles, prélève les tributs et retourne auprès
de l'empereur.
CHAPITRE VI I .
Coupable conduite de Manadjihr envers Jacques
(
Agop) le Grand
(
i ) . —
Mort de Manadjihr.
Manadjihr, étant allé avec l'armée méridionale
de l'Arménie et les troupes ciliciennes dans les
contrées de l'Assyrie, fait la guerre au pteschkh
Pagour
( 2 ) ,
le défait, lui et ses troupes, met en
fuite les Perses accourus
à
son secours, et, ayant
fait prisonnier Hescha,filsde Pagour, i l l'envoie
charge de chaînes
à
Chosroès
(3).
I l condamne
cruellement, non-seulement les combattants, mais
encore les simples paysans des localités placées
sous son autorité ,
à
être passés au fil de l'épée.
I l fait, dans les contrées de Medzpin, un grand
nombre de prisonniers, parmi lesquels huit dia–
cres du grand évêque Jacques (Agop). Jacques
va trouver sans retard Manadjihr et l'engage
à
délivrer les prisonniers qui sont innocents de tout
crime ; mais celui-ci refuse en alléguant les ordres
du roi.
(1)
Saint Jacques de Nisibe surnommé « le Sage »,
Ezcon
par les Arméniens, était parent de saint Gré–
goire l'illuminateur et fut un des pères qui assistèrent
au concile de Nicée ( Faustus de Byzancc, 1.
m,
c. 10 ).
Cf. notre Collection, t. 1, p. 218 (note 1, col. 2
)
et
suilk
(2)
Moïse de Khorène (
1.
111,
c.
4 )
a déjà parlé de la
défection de Pagour qui fut tué dans une affaire
Manadjihr commandait les troupes royales ( Faustus de
Byzancc, 1. m, c. 9 ) . Toute la famille de Pagour fut
exterminée dans ce combat, à
l
'
exception de sa fille que
le roi maria à Vaguinag de Siounie.
(3)
Faustus de Byzance ( 1.
m, c.
9 )
raconte au con–
traire que le jeune Hescha se réfugia chez Yatché le
Mamigonien qui l'adopta. 11 sera question plus loin de
ce Yatché dans les notes du ch. 9.
Jacques étant allé trouver le roi, Manadjihr de–
vient encore plus furieux, et. excité [d'ailleurs] par
les habitants du paya, i l fait précipiter dans la
mer les huit diacres qui étaient dans les fers. A
cette nouvelle, Jacques le Grand retourne plein
d'indignation dans sa résidence, comme Moïse
sortant de la présence de Pharaon, et, étant aus–
sitôt monté sur la montagne
( 1 )
d'où l'on décou–
vrait tout le district, i l maudit Manadjihr et son
canton, et les jugements de Dieu ne tardèrent
pas à fondre sur lui.
Comme Hérode, Manadjihr meurt accablé de
divers maux
( 2 )
;
le sol fertile de la contrée, ar–
rosé par des eaux abondantes, devient un ter–
rain couvert de sel ; le ciel qui surplombe au-
dessus devient, selon l'Ecriture, comme [une
plaque] de bronze
(3)
;
enfin la mer en furie
inonde toute la campagne. A cette nouvelle, le
grand Verthanès et le roi Chosroès, irrités, or–
donnent de délivrer tous les prisonniers, de faire
pénitence et d'implorer le saint, afin de détour–
ner la colère de Dieu. Jacques sortit de ce monde,
et le fils de Manadjihr
(4),
qui était son successeur,
avec unrepentir sincère, [en versant] d'abondantes
larmes et [pénétré] d'une douleur profonde, ob–
tint, par son intercession, la guérison pour lui
et son canton.
CHAPITRE VHI.
Règne de Chosroès le Petit
(5).
Changement
de la résidence royale. — Plantation d'une
foret.
L a
deuxième année d'Hormisdas roi de Perse
et la
huitième du règne de Constance, Chosroès
(1)
Faustus de Byzance nomme cette montagne End-
salihisar (1.
111,
c. 10, dans notre Collection, 1.1, p. 219,
note 2, col. 2) ; mais on la désignait également sous le
nom de
Gabudog,
aujourd'hui
Gàbudgog.
Cette mon–
tagne se trouvait sur le territoire des RescUdouni dans
la province de Vasbouragan. — Cf. aussi Ménologe arm.,
15
décembre.
(2)
Faustus de Byzance (1. iir, c. 10) est entré dans
des détails très-circonstanciés sur l'histoire de saint
Jacques et sur les représailles qu'il exerça contre Ma–
nadjihr, en appelant sur lui la colère divine. Non-seu–
lement Manadjihr succomba dans d'atroces souffrances,
mais sa femme et ses enfants furent également frappés
par la mort.
(3)
Douter., XXY1II, 23.
(4)
D'autres historiens nous font connaître le nom
de ce prince, qui s'appelait Zoura.
(5)
Chosroès II le Petit
est
surnommé
Kotac
par
Faustus de Byzance (I. m, c. 3). Peut-être faut-il voir
dans ce surnom une altération des mots
cotah
ou
kiuteh
qui, en persan, veulent dire, « petit, court. »
Fonds A.R.A.M