manières ceux qui se trouvaient sous sa domina–
tion. Cet homme voluptueux, ce méprisable vieil–
lard, se teignait encore les cheveux et tenait sa
femme dans une grande contrainte, à cause delà
passion qu'il éprouvait pour la bienheureuse 01a-
phyra et qui le détermina à faire mourir saint
Basile, évéque d'Aniasie dans le Pont ( i ) .
Lorsque le complot fut découvert, Licinius, qui
n'ignorait pas que Constantin ne lui accorderait
point son pardon, rassembla des troupes pour
résister à l'empereur. Licinius, à cause du refroi–
dissement de son amitié avec Tiridate notre roi ,
s'en méfiait comme d'un ennemi, car il savait que
tout impie est ennemi du juste. Lorsque Cons–
tantin arriva triomphant, Dieu livra entre ses
mains Licinius. L'empereur, épargnant les jours
du vaincu parce que c'était un vieillard et [de
plus] son beau-frère, le fit conduire dans les
Gaules, chargé de chaînes, et mettre aux mines,
afin qu'il invoquât Dieu contre qui i l avait péché,
et que Dieu pût se montrer miséricordieux en–
vers lui. Constantin, pour montrer qu'il ne fait
avec ses fils qu'un seul empire qui est l'empire
des Romains, va à Nicomédie célébrer ses vicen-
nales
( 2 ) .
Constantin régna depuis la quatrième
année delà persécution jusqu'à la treizième an–
née de la paix, que le monde célèbre pareillement
en ce jour.
Constantin, ne croyant pas devoir retourner à
Rome, se rend à Byzance, y établit sa cour,
d'après les avertissements qu'il reçut dans un songe.
I l y élève des édifices somptueux, agrandit au
quintuple la ville, qui n'eut jamais de semblables
monuments édifiés par aucun roi , sauf quelques
constructions qu'avait laissées le conquérant
Alexandre de Macédoine, lorsque, de cet endroit,
il se prépara à marcher contre Darius, et bâti t ,
pour perpétuer sa mémoire, une place appelée
Stratégion, parce que ce fut là qu'il fit ses pré–
paratifs de guerre
(3).
Ensuite Sévère, empereur
romain, la restaura, bâtit des thermes là où s'é–
levait une colonne portant une inscription avec
le nom mystique du soleil, Zeuxippon, en langue
thrace, nom qui est resté appliqué aux bains
(4).
1
I l construisit aussi un amphithéâtre pour les
combats d'animaux, un autre pour les histrions,
(1)
Eusèbe,
Vie de Constantin,
1.
I l , c. 1.
(2)
La
fête
des Vicennales de Constantin tomba le 25
juillet 325, pendant les séances du concile de
Nicée. —
Eusèbe,
Vie de Const.,
I , 1; I I I , 15, 16. — Théodoret,
I , 11. — Soxomène,
I ,
24.
(3)
Chron.
pasc,
p. 265.
Malala,
I , p. 385.
(4)
Cf. Gyllius,
de Constantinopol. topogr.
(
Leyde,
Elzévir,
1632),
p. 119, lib. I I ,
c.
7. —
Du Cange,
Const. Christ.,
1.
I , ch. 27.
un hippodrome [qui resta] inachevé. Mais ce fut
Constantin qui orna de toutes manières la ville
qu'il appelle nouvelle Rome et que tout le monde
appela la ville de Constantin
(1) .
On dit aussi que
Constantin enleva secrètement de Rome le pal–
ladium , chef-d'œuvre de sculpture, et le plaça
dans le forum, an-dessus de la colonne qu'il y
dressa ; mais,' quelle que soit l'opinion d'autres
[
écrivains], nous ne croyons pas à cela (a).
CHAPITRE LXXXIX.
D'Arius l'hérésiarque et du concile tenu à Nicée,
à cause de lui. — Miracle qui apparut à Gré
goire.
En ce temps-là, parut Arius d'Alexandrie qui
enseigna cette hérésie impie que le Fils n'était pas
l'égal du Père , qu'il n'avait pas la même Nature
et la même Essence que le Père, qu'il n'est pas né
du Père avant tous les siècles, mais qu'il lui est
étranger, qu'il est une créature inférieure et for–
mée dans la suite (3). Arius l'impiemourut comme
i l le méritait, en satisfaisant ses besoins naturels.
A cause de lui , l'empereur Constantin publia un
édit qui enjoignait â tous les évéques de s'assem–
bler à Nicée, en Bithynie (4). Alors se réunirent
Vitus (Pidon) et Vincent (Pigent), prêtres de
Rome, légats de saint Sylvestre; Alexandre d'A–
lexandrie , Eustathe d'Antioche, Macaire de Jé–
rusalem , Alexandre, évéque de Constantinople.
Alors arriva une lettre de l'empereur Cons–
tantin à Tiridate notre roi , pour l'inviter à se
rendre au concile avec saint Grégoire. Tiridate
déclina la proposition, parce qu'il avait appris
l'alliance de Sapor avec le roi des Indes et le
khakhan d'Orient. Sapor avait confié le com–
mandement des troupes à Nersès qui dans la suite
régna neuf ans, et à Hormisdas ( Ormizt) qui plus
tard occupa le trône pendant trois ans, avec un
grand éclat. Tiridate, redoutant que Sapor ne vint
à violer les traités selon l'habitude des païens, ne
(1)
Socrate, 1. I , c. 16
Hist. miscell.,
I . I I ,
apud
Muratori,
1.1,
p. 73. — Zonaras, 1. XI I I , t. I I , p. 6.
Chron.
pasc,
p. 285. —Baronius,
ad ann.
330. —
Du Cange,
Const.Christ.,
1.
I , ch. 3, 4.
(2)
Eusèbe,
Vie de Const., Y.
111,
c. 54. — Sozomènc,
1.
I I , c. 5. — Chron. pasc, p. 265, 284. — Malala, I .
p. 384; I I , p. 6.
(3)
Cf. sur Arius
etl'arianisme,
Athan., Apol.
2
contr.
Arian.,
1.1,
p. 133 et suiv. — Socrate,I, 5, 6. — Théo–
doret , I , 2, 3, 4. — Sozomène, I , 14.
(4)
Le concile s'ouvrit en 325 et était composé de trois
cent dix-huit évéques, dont dix-sept accusés d'aria-
nisrae. — Cf. plus bas, ch. 90.
Fonds A.R.A.M