HISTOIRE
Romains, arrive sur les terres méditerranéennes
avec son armée, et envoie Scaurus, son lieutenant
en Syrie, pour livrer bataille à Tigrane. Scaurus,
n'ayant pu joindre ce dernier qui était retourné
dans son pays à cause des dévastations du bri–
gand , se rendit à Damas. Scaurus trouva cette
ville au pouvoir de Métellus et de Lucullus (Loi-
nus), les en chassa et se hâta d'arriver en Judée,
pour attaquer Aristobule, de concert avec son
frère atné Hyrcan, grand-prêtre, fils d'Alexandre.
Cependant Pompée, dans sa guerre contre
Mithridate, trouve une vigoureuse résistance,
[
livre] de terribles batailles et court de grands pé–
rils. Toutefois le nombre l'emporte, et Mithridate,
mis en fuite, regagne les régions du Pont. Pompée,
ainsi débarrassé de son ennemi par un bonheur
inespéré, s'empare de la personne du fils de Mi–
thridate , appelé aussi Mithridate , se rend maître
de Mazaca ^Césarée), y met une garnison, mais, au
lieu de poursuivre le [vaincu], i l se hâte d'arriver
en Judée, en passant par la Syrie(i). I l fait empri–
sonner Mithridate par le père de Ponce-Pilate
(2).
C'est ce que confirme Josèphe, lorsqu'en parlant
du baume, i l dit : « Pompée, près de Jéricho,
reçoit l'heureuse nouvelle que Mithridate est
mort
(3). »
(1)
Les événements résumés dans ce chapitre, touchant
Tigrane, Mithridate et leurs enfants, sont longuement
racontés parles écrivains grecs et latins, avec des dé-
%
tails qui démontrent clairement que Moïse
n
'
a que
très-imparfaitement compulsé les monuments histo–
riques étrangers qui concernaient les annales de son
pays. Les sources où il
a
puisé ses informations étaient
ou abrégées ou inexactes, et son récit renferme des dé–
tails erronés qu'il serait puéril de signaler. Au surplus
on
n'a
qu'à recourir.aux sources originales grecques et
latines pour
s
'
assurer que le ricit de Moïse est très-
inexact, et à consulter sur tous ces événements, Strabcn
(
Géogr.,
liv. XI, ch. 14, § 15), Dion Cassius
(
Hist.
rom.,
liv. 36, 37, 40, 49 ), Appien
(
Bell. Syriac. et
Mithr.),
Eutrope
(
Hist. rom.,
VI, 6, etsuiv.), Justin
(
Hist. univ.,Uv.
XXXVIII), Cicéron
(
Discours en fa–
veur du roi Déjotarc. —Discours en faveur de la loi
ManUià; init.),
Plularque (
Lucullus, Pompée, An–
toine),
Josèphe (op.
cit., toc. cit.),
Vell. Paterculus
(
liV. II, 18, 37, 40), qui donnent les renseignements les
plus circonstanciés, sur le jeune Tigrane, sur sa révolté
contre son père, sa fuite à Rome, etc., événements que
notre auteur a complètement passés sous silence.
(2)
Les historiens grecs et romains disent que Mi–
thridate chercha à s'empoisonner; mais, le poison n'ayant
plus sur lui aucune action, il se fit tuer par un Gaulois,
en l'an 63 av. notre ère.
(3)
Josèphe,
Guerre des Juifs,
liv. I , ch. 5.
Antiq.
jud.,
liv. XIV, ch. 3, § 4.
D'ARMÉNIE.
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CHAPITRE XVI .
Tigrane fond sur l'armée romaine. — Fuite de
Gabinius. — Délivrance du jeune Mithridate.
Le roi d'Arménie Tigrane, ayant colonisé les
Juifs prisonniers à Armavir et dans le bourg de
Vartkès (i) sur lefleuveKhasagh, exterminé les
brigands de la montagne, et gardé le deuil de
.
Mithridate, se porta en Syrie contre l'armée ro–
maine, pour en tirer vengeance. Gabinius, géné–
ral romain, que Pompée avait laissé à sa place
pour retourner à Rome, marche contre Tigrane.
Cependant Gabinius,ne pouvant résister à ce
dernier, regagne par l'Euphrate l'Egypte, sous
prétexte d'agir contre Ptolémée. Ayant traité se–
crètement avec Tigrane, Gabinius lui rend Mi–
thridate le jeune, son neveu (fils de sa sœur), fait
prisonnier antérieurement
à
Mazaca, et répand
le bruit que le captif s'est échappé.
CHAPITRE XVII.
Combat de Crassus qui est défait par Tigrane,
Les Romains, qui soupçonnaient Gabinius, le
rappellent et mettent à sa place Crassus, qui, dès
son arrivée, s'empare des immenses trésors qu'il
trouve dans le temple de Dieu à Jérusalem j et
s'avance contre Tigrane. Après avoir franchi
l'Euphrate, i l est défait, avec toute son armée,
par Tigrane, qui revient en Arménie chargé de
trésors.
CHAPITRE XVIII.
De quelle manière Cassius résista à Tigrane. —
Révolte de Mithridate, — Reconstruction de
Césarée.
Les Romains, irrités, envoient Cassius avec une
armée innombrable. Celui-ci, à peine arrivé,
oppose une • vive résistance et empêche l'armée
(1)
Vartkès est
l
'
un des anciens noms de la ville do
Vagharschabad, qui dans l'origine reçut le nom de
Ar-
dimet khaghakh,
ou « ville d'Artémis ». Elle fut fondée,
à
ce que
l
'
on croit, par Erouant
I
e r
.
Le nomde Vartkès
ou
Vartkisi-avan
lui fut ensuite donna à cause, d'un
prince arménien appelé Vartkès, mari de la sœur d'E-,
rouant (Moïse de Khorène,
Hist. d'Arm.,\vr.11,
ch. 62).
Vagharsch, vers la fin du deuxième siècle, la ceignit de
murailles, lui donna son nom et
yfixa
sa résidence.
Elle reçut aussi le nom de
Nor-khaghakh
«
nouvelle
ville », et
c
'
est sous cette appellation qu'on
la
trouve
aussi rappelée dans le livre
d
'
Agathange, dans
l
'
Histoire
de Moïse de Khorène et dans celle de Lazare de Pharbe,
p 64.
Fonds A.R.A.M