larsace, chef de dix mille (soldats). D'Aran sont
issues,dit-on,les races des Oudi, des Kartmanat-
zi, des Dzovtéatzi, et la principauté des Karkaratzi.
Kouschar, l'un des descendants de Schara, a
pour sa part la montagne chargée de brouillards
qui est Gankar, la moitié de la contrée de Dcha-
vakh, Gogh, Dzop, Tzor, jusqu'à la forteresse
d'Hénaraguerd. Quant au domaine d'Achotz, aux
propriétés de Daschir, Valarsace en investit les
enfants de Kouschar, descendant de Haïg. En face
du mont Caucase, i l établit, pour gouverner la
partie nord, cette grande et puissante race; le
titre de la principauté est pteschkh (toparque)
des Koukaratzi ; c'est une race sortie de Mithri-
date (Mihrtad), satrape de Darius, qu'Alexandre
emmena et chargea de commander aux captifs
faits par Nabuchodonosor en Ibérie, comme le
raconte Abydène en ces termes : « Le puissant
Nabuchodonosor était encore plus terrible que
l'Hercule libyen. Ayant rassemblé ses troupes, i l
fondit sur les Ibères, les défit, les réduisit sous le
joug, et en transporta une partie sur la rive droite
de la mer de Pont, en Occident. » Dans une
grande vallée de la Pasène, Valarsace créa une j
satrapie appelée Ouortouni, issue de Haïg.
Un homme au visage repoussant, grand mais
difforme, au nez aplati, à l'œil enfoncé, d'un as–
pect féroce, de la descendance de Baskam, petit-
fils de Haïgag, appelé Dork, et surnomme à cause
de sa laideur Ankéghia (le laid), doué d'une taille
et d'une force de colosse, est établi gouverneur
de l'occident. A cause de la laideur de Dork, sa
race prend le nom de maison d'Ankegh. Mais, si
tu veux, je débiterai sur le compte de Dork des
fables et des extravagances, comme ont fait les
Perses pour Rosdom Sakdjig, duquel on disait
que sa force égalait celle de cent vingt éléphants.
Des chants rationnels touchant la force et la va–
leur de Dork étaient en vogue, et on ne pouvait
pas attribuer au même degré la même chose à
Samson, à Hercule et à Sakdjig. On disait, dans
ces chants, qu'il saisissait dans ses mains des
pierres très-dures, sans aucune fêlure, qu'il les
rendait à volonté grandes ou petites, les polissait
avec ses ongles, en formait comme des tablettes,
et y traçait, aussi avec l'ongle, des aigles et d'autres
figures. Ayant vu des vaisseaux ennemis s'appro–
cher du rivage de la mer de Pont, i l s'élance à
leur rencontre; mais les vaisseaux gagnent la haute
mer à une distance de huit stades, et i l ne peut
les atteindre; i l prend, à ce que l'on raconte, des
pierres grandes comme des collines et les lance
sur ces navires. L'immense tourbillon engloutit
un grand nombre de vaisseaux, et les flots, sou–
levés dans le vide, portent, à plusieurs milles au
loin le reste des vaisseaux. Oh ! c'est trop de fables;
c'est la fable des fables ! Mais que t'importe?
Dork était vraiment d'une force extraordinaire,
et bien digne de semblables récits.
Valarsace établit ensuite la grande satrapie de
Dzop dans la quatrième Arménie, ainsi que les
satrapies Abahouni, Manavazian, Peznounian,
issues de la même race d'Haïg. I l choisit les plus
illustres d'entre les habitants, les nomma seigneurs
des villages et des cantons, et leur nom est ap–
pliqué à ces localités.
Cependant nous avons oublié le terrible Slak.
Je ne saurais pas dire avec certitude s'il descend
de Haïg, ou des habitants qui étaient établie dans
la contrée avant son arrivée, et dont parlent les
traditions. C'était un homme valeureux. Valar–
sace le charge avec une petite troupe de garder
la montagne et de chasser les chamois. Ces hommes
furent appelés Selgouni. Miantag, qui ne recule
jamais, est préposé aux mêmes fonctions ; c'est
de lui que descendent les Mantagouni.
Parmi les enfants de Vahakn, i l s'en trouva
qui demandèrent spontanément le ministère des
temples; Valarsace les comble d'honneurs en leur
confiant le sacerdoce ; i l les élève au rang de pre–
mière satrapie et les nomme Vahnouni. De même
les races Aravénian eî Zaréhavanian, issues des
premiers rois, sont établies par Valarsace dans
les bourgs du même nom.
Scharaschan, de la maison de Sanassar, est créé
grand toparque et gouverneur de la partie sud-
ouest, sur les frontières d'Assyrie, au bord du
Tigre. I l reçoit [en apanage] le canton d'Artzen,
le pays d'alentour, le mont Taurus, avec le Sim
et toute la Cœlé-Syrie.
Quant aux Moghatzi, Valarsace, trouvant un
homme du canton de Mog, qui était chef d'une
bande de brigands, crée la satrapie du même
nom. I l fit de même des Gortouatzi, des Antzé-
vatzi-, des Aguéatzi issus des mêmes cantons. Pour
ce qui est des Reschdouni et des Koghtnetzi, j'ai
trouvé que ce sont vraiment des branches de la
race Sissagan. Je ne sais si l'on appelle ces cantons
du nom de ces hommes, ou leurs satrapies du
nom des cantons. .
Ayant fait toutes ces dispositions, Valarsace
bâtit un temple à Armavir où il met les images du
Soleil (Arékagen), de la Lune (Lousin), et celles
de ses ancêtres. Schampa Pakarad le juif, investi
de la dignité de thakatir et de général de la cava–
lerie, est invité et pressé d'abandonner la foi ju–
daïque et d'adorer les idoles ; mais s'y étant re–
fusé, le roi Valarsace le laisse libre.
Fonds A.R.A.M