HISTOIRE
sements, et en général sûr l'organisation entière
d'un royaume, sur tout ce qui le concerne, les
armées, les généraux, les gouverneurs de pro–
vinces et les autres officiers.
En premier lieu, le roi règle tout ce qui con–
cerne sa personne et sa maison, et commence par
sa tête et sa couronne. VouJant récompenser le
juif Pakarad de son ancien dévouement, de sa
fidélité et de sa valeur, il confère, ainsi que nous
l'avons dit, à lui et à sa descendance, le titre de
grand feudataire, le privilège de mettre la cou–
ronne sur la tète du roi, de s'appeler thakatir et
général de la cavalerie, de porter le diadème avec
trois rangs de perles, sans or ni pierreries, quand
il se trouvait à la cour ou dans l'appartement
du roi.
Valarsace choisit parmi les descendants des Ca–
nanéens un certain Tzerès, chargé de lui mettre
ses ornements royaux, et donne à sa race le nom
de Kentouni. I I tire ses gardes du corps, armés
de toutes pièces, de la race de Khor descendant
de Haïg, tousguerriers braves et habiles au manie–
ment de la lance et de l'épée, et leur donne pour
chef Malkhaz, en leur conservant le nom de leur
race primitive* Tad, de la race de Karnig, sorti de
Kégham, est préposé aux chasses royales. Son fils
est Varj, et c'est de lui que la race tire son nom ;
toutefois ce ne fut que postérieurement, au temps
d'Ardaschès. Kapagh est intendant des greniers
à blé, et Apel est majordome et chambellan. Va–
larsace leur donne des villages qui portent leurs
noms : ce sont les satrapies Apéghèn et Kapé-
ghèn.
Les Ardzrouni, je ne devrais pas dire Ardz-
rouni, mais Ardzivouni, parce qu'ils furent ceux
qui portaient les aigles devant Valarsace. Je laisse
de
côté les fables et les contes publiés à Hatama-
guerd, à savoir qu'un enfant dormait exposé à
la pluie et au soleil, lorsqu'un oiseau couvrit de
ses ailes l'enfant défaillant. Je sais que le mot Ké-
nouni vient de
kini
(
vin) et
ouni
(
il a) : celui qui
prépare les breuvages du roi. Voici une particu–
larité curieuse touchant cette fonction et cette
dénomination : celui qui dégustait les vins les plus |
savoureux et les plus généreux pour le roi, s'appe- I
lait Kin. Valarsace, dit-on, enchanté de cette sin–
gulière coïncidence, élève Kin au rang des grands
-
satrapes. Ce sont là' les deux maisons sorties de la
race de Sennékérim, les Ardzrouni et les Kénouni.
Je le dis aussi : les Sbantouni étaient préposés
aux sacrifices ; les Havénouni, fauconniers, habi–
taient les forêts; et si tu ne me prends pour un
conteur, je dis encore : les Tzunagan étaient les
gardiens des résidences d'été, les préposés aux
D'ARMÉNIE.
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glacières du roi ; ils furent anoblis pour leurs ser–
vices, comme gens de la maison royale.
Valarsace crée quatre compagnies de gardes de
la porte royale, armées de toutes pièces, et cha–
cune avec son chef, recrutées parmi les anciennes
races des rois successeurs d'Haïg, qui, à différentes
époques, ont hérité de leurs ancêtres de villages
et d'établissements. Mais depuis, sous la domina–
tion des Perses, comme je l'ai appris, il se forma
des compagnies tirées des autres classes, et qui
s'appelaient Osdan. Je ne sais pas si c'est par suite
de l'extinction de la première race, ou bien par
esprit d'opposition à ces familles répudiées et
proscrites, qu'on forma à leur place d'autres com–
pagnies dites royales. Les premières descendent
bien des premières racesdes rois primitifs, comme
encore à présent, en Ibérie, la race appelée Mér-
phédzoul. Valarsace fait aussi eunuques des des–
cendants de la même race, et leur donne pour
chef Haïr, prince du pays depuis l'Adcrbadagan
jusqu'à Djouasch et Nakhdjavan. Mais comment
se fit cet arrangement ? où sont passés les docu–
ments déjà oubliés de ce chef? Je l'ignore.
CHAPITRE VI I I .
Seconde dignité du royaume, conférée aux descen–
dants d'Jstyage, roi des Metles,
La maison du roi ayant été organisée, la se–
conde dignité du royaume fut donnée aux des–
cendants d'Astyage. roi des Mèdes, appelés à pré–
sent Mouratzan; car le chef de cette race ne
s'appelle pas Mouratzan-der, mais Maratzouotz—
der (seigneur des Mèdes). Valarsace abandonne à
ce chef tous les villages pris sur les Mèdes. I l éta–
blit en orient, aux frontières de la langue armé–
nienne, les chefs des descendants des deux dynas–
ties de Sissag et de Gatmos, dont nous avons
donné les noms dans la première partie.
Valarsace donne le gouvernement de la grande,
illustre et fertile contrée du nord-est à Aran,
homme illustre et distingué par sa prudence et
son esprit. Cette contrée est près du Cyrus (Gour),
grandfleuvequi traverse la plaine étendue. Sache
aussi que nous avons oublié de mentionner, dans
notrepremier livre, cette grande et illustre maison
de Sissag qui possédait la plaine des Aghouank
avec sa région montagneuse depuis l'Araxe jus–
qu'à la forteresse qui est appelée Hénaraguerd.
Le pays, à cause de la douceur des mœurs de
Sissag, fut appelé Aghouank, car lui-même était
surnommé Aghou (doux). De celui-ci descend le
renommé et brave Aran, créé par le Parthc Va-
Fonds A.R.A.M