H I S T O I R E D U RÈGNE D E T 1 R 1 D A T E .
détruire le temple des faux dieux, parce qu'il y
avait dans le bourg deThortan (i) le temple d'un
dieu glorieux et célèbre, appelé Parschimnia ( 2 ) .
Ils le ruinèrent d'abord, et mirent en pièces la
statue (3). S'étant emparés de tous les trésors en
or et en argent, ils les distribuèrent aux pauvres,
et le bourg avec toutes les terres et les champs
furent donnés au nom de Dieu. Là aussi on éleva
le signe de la croix du Sauveur de tous. Ensuite
le saint, prenant le caractère d'apôtre sacré, avec
l'aide efficace du ro i , s'occupa à détacher les h a –
bitants de cette province du culte de leurs an –
cêtres et de leurs coutumes sataniques, pour les
amener au service de l'obéissance du Christ. E t
pendant qu'ils semaient en eux le Verbe de v i e ,
qu ' i l les exerçait tous dans le culte de D i e u , i l
(1)
Le bourg deThortan, dans la Haute-Arménie, était
situé
à
l'orient de VEuphrate. C'est dans cette localité que
fut enterré S. Grégoire avec quelques-uns de ses suc–
cesseurs. (Faustus de Byzance,
Hist. d'Arm.,
liv.
i n ,
ch. 2.—Moïse de Khorêne,
Hist. d'Arm.
,11,88.—
Mesrob,
;
-
Vie de S. Nersès,
ch. I . —C f . aussi Indjidji,
Arm. anc.,
pag. 6.)
(2)
Le dieu Parschimnia est d'origine assyrienne. On
le désignait sous l'épithète de
spitakapar,
«
glorieux ».
Moïse de Khorêne (1.1, ch. 13; liv. I I , 14) l'appelle Pa r -
chamin, et Anania de Schirag le nomme Parcham l'Assy–
rien. L a légende raconte que pendant l'hiver Vahak'n lui
vola de la paille, et s'enfuit avec le fruit de son larcin
à travers la voûte des cieux, en laissant tomber des brins
qui formèrent la Voie lactée, appelée par les anciens
Arméniens « trace du voleur de paille ». ( Emi n ,
Rech.
sur le pag.
an».,pag. 17.) Cf. plus haut, p. 24, et p. 40.
(3)
Moïse de Khorêne (liv. I I , ch. 14) dit que la statue
de Parchamin fut transportée de la Mésopotamie par
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167
se manifesta des miracles éclatants aux habitants
du pays, et les démons, sous des formes diverses,
s'enfuirent en masses pressées du côté de la Chal-
die
(4) .
[
^ i 3 3 . ] Les ayant aussi confirmés dans la foi,
Grégoire s'en alla dans une place forte appelée
Ani (5) , sépulture des rois d'Arménie, et là éga–
lement , ils ruinèrent les statues du dieu Aramazd,
qu'on disait être le père de tous les dieux. Après
avoir élevé aussi dans cet endroit le signe divin ,
ils donnèrent le bourg avec son château pour le
service de l'Église. Ensu i t e , i l se dirigea sur l a
province d'Eghéghiatz qui est sur les confins,
dans le bourg d'Erez où se trouvaient les temples
les plus considérables des rois^ d'Arménie , consa–
crés spécialement au culte d'Anahid. Là , les dé-
Tigrane I I , fils d'Ardaschès, dans le village de Thortan,
et ajoute que cette statue était d'ivoire et de cristal,
montée en argent.
(4)
C'est-à-dire dans le pays de Chaldik qui se trouvait
dans le Pont. — Cf. plus haut, p. 44,*note 3.
(5)
L e fort d'Ani, appelé aussi Gamakh, et que Cons–
tantin Porphyrogénète (
De adm. imp.,
ch. 50) nomme
Kà|xay_a, était situé sur la rive occidentale de l'Euphrate,
dans le canton de Taranaghi. Ce fort était célèbre, non-
seulement par son temple d'Aramazd et par la sépulture
des rois, mais aussi parce qu'on y gardait les trésors
de la couronne. Vers la fin du quatrième siècle, les tom–
beaux des rois d'Arménie furent détruits par Méroujan
Ardzrouni, commandant les armées perses en Arméwie,
après la mort d'Archag I I (Faustus de Byzance, liv. I I I ,
ch. 2, et liv. I V , ch. 24). Lors de la domination byzan–
tine , Ani fut occupé par une garnison grecque, chargée
de protéger la partie orientale de l'empire contre les Ara–
bes (Cf. Indjidji,
Arm. anc.,
pag. 7 et suiv.).
avellere traditionibus, et satanicas diabolicasque consue-
tudines subjectioni et famulatui Christi déferre : et
quandoquidem in iis seminabat verbum vitse, omnes
ad cultum Dei impellens, magna a Deo huic etiam pro–
vincial signa ostensa sunt. Nam dsemones variis formis,
quae oculis patebant, fugientes, in partes Chaltorum in-
gressi sunt.
§ 133. Confirmatis autem fidelibus, egressus venit ad
locum rnunitissimum, Javi (1. Ani) nominatum, domuin
regiam ex cœmeteriis regum Armeniae, et ibi everterunt
altare Saturai, patris Jovis, deorum principis, et signum
Dominicum erexerunt : oppidum vero cummunitione in
servitutem ecclesise separarunt. Post hœc in finitimam
profecti sunt provinciam , dictam Ecclesianam, inique
apparuerunt dœmones in magnis Armeniœ templis, in
locis sacrorum, ubi erat altare Artemidis, in oppido
Erez. Nam sicut milites collecti scutis pugnabant, et pras
Fonds A.R.A.M