dans le temple d'Anahid ( i ) , pour y faire des sa–
crifices. Ayant rempli cet indigne ministère, i l
descendit et campa sur la rive du fleuve Lycus
(
Kaïl) (2). Etant entré dans sa tente et s'étant mis
à table, au moment où tout le monde se préparait
à boire, le roi donna l'ordre à Grégoire (Krikor)
de faire à l'autel d'Anahid une offrande de cou–
ronnes et d'épais rameaux. Mais celui-ci refusa de
rendre aucun hommage aux divinités.
[
§ 22.] Alors le roi commença à parler à Gré–
goire en ces termes : « Tu es étranger et ignoré
parmi nous; comment oses-tu donc adorer un
Dieu que je n'adore pas? » Ensuite i l ordonna
de le mettre en prison durant tout le jour. Le
lendemain, i l commanda qu'on amenât Grégoire
(1)
Ce temple d'Anahid à Erez est cité par Pline (V,
33),
Strabon (XI, ch. 14, § 16), Procope
(
Bell, pers.,
I ,
17),
et d'autres encore (Emin,
Rech. sur le pagan. arm.,
p. 13).
L a déesse Anahid est d'origine assyro-baby–
lonienne ; son nom était
Anahat'a
en ancien persan, mot
qui veut dire « sans tache », épithète du génie femelle
de l'eau, appelé aussi
Ardoui Sour
(
Cf.
Zend-Avesta,
trad. d'Anquetil Duperron, t. I I I , p. 172 et suiv. —
Oppert,
Expédit. de la Mésopotamie,
t. I I , p. 194
et suiv. — Reinaud ,
Mém. sur la Mésène et la Kha-
racène,
dans les Mémoires del'Acad. deslnscr. et Belles-
lettres, t. XXIV, P. I I , p. 24, note 2). Anahid est la
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en sa présence. Le roi lui parla alors de celte ma–
nière : « I l y a déjà tant d'années que je te con–
nais, tu m'as toujours servi fidèlement; j'ai tou–
jours été satisfait de tes services, et mon intention
était de t'accorder la vie (des faveurs). Pour–
quoi donc refuses-tu d'exécuter ma volonté? »
Grégoire lui répondit : « Dieu a commandé que
les serviteurs obéissent à leurs maîtres sur la terre,
et tu conviens que je t'ai servi de tout mon pou–
voir. Mais le respect et le service que l'on doit à
Dieu, on ne peut les accorder à aucun autre, parce
que lui seul est le Créateur du ciel et de la terre,
des anges qui glorifient sa majesté, des hommes
qui sont son ouvrage et qui doivent l'adorer et
accomplir sa volonté, et de tout ce qui est dans
même que la Beltis des Assyriens, la Mélita des Baby
Ioniens (Hérodote, I , 131), qui était également adorée
en Perse sous le même nom.—M. Emin a développé avec
beaucoup de pénétration tout ce qui a trait au culte
d'Anahid en Arménie, dans ses « Recherches sur le pa–
ganisme .arménien » (p. 10 de la trad. fr. de M. de Sta-
dler), et a démontré que cette divinité était différente d'Ar-
témis, avec laquelle les Grecs Pavaient à tort identifiée.
(2)
Le fleuve Kaïl, que les Grecs, et notamment Stra–
bon (liv. X I , ch. 14. § 7), ont traduit par Aûxo;, et PKne
par
Lycus
(
V, 24), descend des montagnes de Trébizonde
et va se jeter dans l'Euphrate.
castra movet, et ubi advenerat, reperit quod Persarum
duces totam provinciam ad se abstraxerant in scrvitu-
tem : et multos quidem ex ipsis concidit, multos quoque
coegit in Persidem fugere, paternamque dominationem
sibi vindicans, fines provincial in potestate sua habuit.
Anno primo regnantis Teredatœ, magnae Armeniae régis,
rex ejusque exercitus profecti sunt ; veneruntque ad ec-
clesiam (Acilicenen)dictam provinciam, ad vicum qui vo-
catur Erez, ubi erat fanum Artemidis, ut ibidem offerrent
sacrificia. Peractoque nefando opère, descendeiunt
castrametaturi ad ripamfluminisdicti Lyci. Rex autem,
in tabernaculum ingressus, discubuit ad cœnandum et,
sumpto potu, admodum gavisus est. Tune jubet Gre-
gorium coronas et densos arborum ramos in templum
portare dona simulacro Artemidis. At ille non sustinuit
honorem afferre idolis.
§ 22. Cœpit igitur rex Gregorium alloqui et dicit :
Homo peregrinus et destituais ad nos veniens accessisti,
et quomodo audes colère Deum qui a me non adoratur?
Eodem die prœcepit, ut sub tuta esset custodia. Postridie
vero jussit, et Gregorium adduxerunt ad regem. Rex
autem eidem dixit : Tôt sunt anni, quibus te vidi, et
Fonds A.R.A.M