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§ '9*1 Tandis que les corps d'armée étaient en
marche, accompagnés de Tiridate, i l arriva qu'ils
entrèrent dans un chemin resserré par des haies
de vignes et des blés, près des portes de la ville (i.)
qui, à cette heure de la nuit, étaient fermées. Ne
trouvant pas à ce
moment
des fourrages pour les
chevaux de l'armée, on découvrit, dans une étable
à bœufs, une grande quantité de foin amoncelé;
mais personne ne pouvait arriver jusqu'à la hau–
teur de l'enceinte. Tiridate, y étant monté et y
ayant pénétré ensuite, jetait aux soldats botte par
botte, jusqu'à ce qu'ils en eussent leur suffisance;
puis il lança également au milieu de l'armée les
gardiens du grenier et même les ânes
(2) ,
et fran–
chit ensuite la muraille (3). Licinius, voyant cette
force extraordinaire, en fut étonné. Le matin,
comme le jour paraissait, on ouvrit les portes de
(!)
H est difficile de savoir à quelle localité il est fait
allusion dans ce passage. Les Mékhitaristes, dans les notes
jointes à la traduction italienne d'Agathange (p. 21,
note 1), hésitent à affirmer qu'il soit question de Rome
ou de toute autre ville de l'empire.
(2)
L'arménien dit formellement que c'étaient « des
ânes »,
itchian;
mais le traducteur grec a cru lire
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«
des chiens ».
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§ 1 9 .
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§ 20.
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la ville et toutes les troupes y entrèrent. Licinius
se présenta au roi ( 4 ) , avec tous les grands, les
généraux, les capitaines et les princes.
[
§ 20 . ]
Le roi lui fit part de la proposition du
roi des Goths. Licinius lui répondit : « Que mon
seigneur soit sans aupune inquiétude ; il y a à sa
Porte un homme capable de lui résister; c'est
Tiridate qui descend des rois du pays d'Arménie.»
Et il se mit à raconter l'acte audacieux de la nuit
précédente. Le roi ordonna aussitôt qu'on amenât
Tiridate en sa présence, et lui fit part du défi
qu'on lui avait jeté. On fit ensuite tous les pré–
paratifs pour la rencontre qui devait avoir lieu
le jour suivant. Le lendemain, à l'aube [du
jour ] , le roi ordonna qu'on revêtit Tiridate de la
pourpre et des ornements royaux. Ils lui mirent
l'emblème de la dignité souveraine, et comme
(3)
Cette action d'éclat n'est pas relatée par Moïse de
Khorène (liv. II, ch. 79) qui a rassemblé cependant une
foule de particularités intéressantes touchant l'adresse et
la force de Tiridate, d'après l'Histoire, aujourd'hui perdue,
de Firmilien, évêque de Césarée.
(4)
C'est-à-dire : à l'empereur Dioclétien.
Itaque et Licinianus, sumpto agmine, cui prœerat, cum
omnibus venit.
§ 19. Contigit autem quando turmœ militares profi-
ciscebantur, ut venirent in loca angustissima, inter média
sepimenta vinearum qua ad portas civitatis accesserunt.
Porta) vero erantclausae, cum esset noxmédia ; et quoniam
non inveniebantur equis pabula, ad plures horas circum-
spicientes,perspiciunt fœnummultum in vallo depositum,
ad quod nemo poterat manum extendere propter mûri
altitudinem. Tune Teredates ascendens venit ad fœnile,
fascesque magnas in médium agminis projicit in pabulum
equorum : neque hoc tantum; sed etiam canes multos,
qui pro custodia erant, desuper ex muro jaculatus est,
ipse vero rursus insiliens ex muro descendit. Hune ejus
fâchions eventum videns Licinianus vehementer admi–
rants est : orloque diei, discusso crepusculo, apertœ sunt
civitatis portas, ducesque cum agminibus ingressi sunt
civitatem. Licinianus autem adstitif régi, uti et omnes
optimates, ducesque agminum et manipulorum.
§ 20. At rex ducibus narrât omnia quse manifestata
erant a rege Gothorum. Tune cœpit Licinianus regem
alloqui. Nihil, inquit, turbetur cor domini mei : est hic
vir in vestro palatio, per quem hsec perplexa deliberatio
solutionem accipiet, Teredates ex cognatione régis Ar-
Fonds A.R.A.M