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ÀGATHANGE.
fuite les troupes grecques, les repoussa jusqu'à
leurs frontières ( i ) , fit creuser des fossés pour
marquer leurs limites (2), et nomma
Porte du fossé
l'endroit qui s'appelait auparavant Ojdz (3). 11
emmena avec lui le reste des habitants, et s'em–
para du pays. Pendant ce temps, Tiridate vint
chez un comte appelé Licinius (Ligianès) (4) et
trouva chez lui la nourriture et l'instruction.
[
§
I
7*]
Cependant le fils du Parthe, qui s'était
réfugié en Grèce, grandit et étudia à Césarée, ville
de Cappadoce, et sa gouvernante (5) l'élevait
sans cesse dans la crainte du Christ. Ayant été
instruit dans les doctrines de la foi chrétienne,
(1)
Moïse de Khorène (liv. I I , ch. 76) raconte que,
pendant les règnes de Tacite et de Florien, Ardschir
ravagea l'Arménie, battit les troupes grecques (romaines)
et réduisit les habitants du pays en captivité. Tacite
marcha contre Ardschir qui le mit en fuite, après quoi
l'empereur fut assassiné à Djanik, dans le Pont, par les
siens, tandis que son frère Florien mourait de la même
manière, peu de temps après, à Tarse en Cilicie. Vopiscus
(
Vie de Tacite)
est beaucoup moins précis que Moïse de
Khorène, et c'est à peine s'il parle de l'expédition dirigée
par Tacite contre les Perses. Quant à la mort de Tacite,
Vopiscus ne dit pas si ce prince, qui était âgé de soixante-
quinze ans, quand il revêtit la pourpre, périt demort
violente.
(2)
Moïse de Khorène (liv. I I , ch. 77) dit qu'Ardschir
fit faire le bornage du pays, et éleva des termes pour in–
diquer les limites de la terre, et que ces bornes furent
désignées sous le nom de termes ardaschiriens.
(3)
L'emplacement de cette localité est incertain, car
cet endroit parait être différent de la ville du même nom
qui était située dans la province de Siounie. La version
grecque d'Agathange rend le nom
à'Ojdz
par TÔTCO;
Xâ<r(iittTo;.
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Apjxsviaç Kouaapw, ou (/.ixpoxaTov iraiSiov, u> ovoua
TV)pv)5àTY]ç, xai TrapaSobç 7caiSaYwyoïç IcpuyaSeu^sv sïç
ta uipY) 'Pwpiaviaç Iv TW TOU Kaicapoç TraXaTiw. TYÎV
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î8l07C0lYlT0, Xa\ èVl TO) laUTOU ovou-axi TOUÇ TOTTOUÇ
ixaXsi* TOÙÇ syxaôsTOuç arTpaTY)Yoùç E^ESIOJXEV EWÇ TWV
opCwv 'Pwu-aviaç, xai Taçppooç TTEiroirjXWç, opia EffTyj-
aev TOV 8È TOTCOV wvou.ac£v 4>oo"éwv ituXaç, Ivôa 7caXat
IxaXsÎTO "coitoç Xao"{/.aTOç. IlapaY£vo[AEVOç oûv Trip^-
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§ 1 7 . 'O 8è UÎOÇ TOU TlapOoU, ô 7rp00"TC£<pUYWÇ TOÎÇ
Pwfxaiwv uspECtv, âvETpscpsTO xai IiraiSsuETO EV 7ToX&l
KaidapEia TYJÇ Ka7rrca8oxiaç, xat Iv YVWGEI TIVOÇ
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ffTOu SiSayîjÇjXai TVJÇ QEUXÇ TtaiSEuaEWç icàvu IpiTCEipoç
EYÊVETO , 6vo(JiaTi XEYOJLEVOÇ rprjYoptoç. 'ûç 8è EU.aÔ£
7
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EÇÊXÔWV ETTOpEUÔTl TCpbç TY]p7)8aTY)V aUTOTCpOatpETWÇ
XEiToupyvîo'ai aurw, itepixpuTCTWV 8è aÙTOV, xal U.Y)8EV
ixcprjvaç, TJ TTOOEV, TJ TCWÇ, â'vsxsv TIVOÇ EIÇ 8ouXfiiav
l'Écriture-Sainte lui devint familière, et il grandit
dans la crainte de Dieu. Son nom était Grégoire.
1
Lorsqu'il eut appris par sa gouvernante l'acte
commis.par son père, il s'en alla vers le roi Ti –
ridate (6) avec la libre volonté de le servir (7).
Toutefois il se cachait, ne voulait pas faire savoir
de qui il était fils, et il refusait de dire d'où et
comment i l était venu. S'étant consacré au service
du roi, il lui était soumis entièrement. Dans ce
temps-là, l'Église de Dieu était persécutée par le
prince des Grecs (8). Tiridate, s'étant aperçu que
Grégoire appartenait au culte chrétien, commença
à lui faire des reproches et des menaces et le mit
(4) 11
est certain qu'il est question ici de C. Fi.
Licinius Licinianus qui, en 307, fut associé à l'empire
avec Galère, et en 311, prit le titre d'Auguste avec Cons–
tantin et Maximin Daza. —Cf. Moïse de Kh., II, 79.
(5)
Cette gouvernante s'appelait Sophie; c'était une
chrétienne de Césarée, mariée à Pourtar, Perse de nation,
qui était venu s'établir en Cappadoce (Moïse de Khorène,
I I , 80).
(6)
Tiridate I I , appelé
Dertad
par les Arméniens, reçut
le surnom de Grand. Il était fils de Chosroès, surnommé
aussi le Grand, assassinépar Anag. Tiridate fut le premier
roi chrétien de la Grande Arménie, et régna de l'an 286-
287
à l'an 314 de notre ère, par la volonté de Dioclétien
qui l'éleva sur le trône d'Arménie dans la troisième année
de son règne (Moïse de Khorène, liv. I I , ch. 82.
Mé-
khitar d'Aïrivank,
Bist: d'Arm.,
en arm., p. 45).
(7)
Cf. Zénob de Glag, p. 22 et 23 du texte, et p. 32
de la trad. fr. —Moïse de Khorène, liv. I I , ch. 80.
(8)
Agathange fait allusion ici à la persécution de Dio–
clétien , ordonnée contre les chrétiens, en 303.
ditumque psedagogis, fugere jussit in partes Romanorum
et ad Cœsaris palatium. Itaque Persarum rex captam
undique Armemaeprovinciam sibi vindicavit, et ex nomine
suo locis dabat nomina -. ibi in statione positos militum
duces persecutus est usque ad confinia ditionis Romanœ,
fossisque factis, limites constituât : locum vero nominavit
$oc6cov
nuXaç [Fossarumportas], ubi ante vocabatur TOTCOÇ
Xa<rfxaToç [Hiatus locus]. Teredates igitur, ubi advenerat,
manebat, ut institueretur, apud quendam comitem, no–
mine Lucianum.
§ 17. AtfiliusParthi, qui ante ad Romanorum partes
fugerat, educabatur et erudiebatur in civitate Caesarea
Cappadociie, notusque cuidam christiano factus, doce»
batur timorem doctrinal christianae, divinaeque eruditio-
nis peritus admodum factus est, nomine dictus Gregorius.
Ubi vero didicit facta patris sui, quai olim contigerant,
abiens ivit ad Teredatem ut libéra voluntate ei serviret,
occultans tamen se, et nihil indicans, unde, aut quo-
modo, aut qua de causa, in servitutem se inclinans,
administrandum ei cum omni subjectione venisset. Iisdera
Fonds A.R.A.M