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AGATf lANGE .
que, là, il se reposait dans laj oie, il lui vint à l'esprit
de lever des troupes avec lesquelles il résolut de
parcourir et de ravager de nouveau les domaines
des Perses. Le Parthe, ayant appris cette résolu–
tion, se souvint de l'engagement qu'il avait con–
tracté envers le roi des Perses, et se rappela aussi
les promesses qu'il lui avait faites. Aussi, dési–
rant recouvrer son propre pays appelé Pahlav,
[
§ i5 . ] il médita un projet criminel. Ayant pris
à l'écart le roi et son propre frère, comme pour
faire une promenade et s'entretenir d'affaires
secrètes, ils se munirent d'épées tranchantes.
Tout à coup ils tirèrent leurs armes et en frap–
pèrent le roi ( i ) . Aussitôt la nouvelle de cet assas–
sinat se répandit partout ; la foule et les lamenta- .
liions allèrent en grossissant; mais les meurtriers, ]
(1)
Cf. Moïse de Khorène, liv. I I , ch. 74. —Zénob de ,
Glag, p. 20 et suiv. du texte et p. 26-27 de la trad. fr.
(2)
Cette ville, située au confluent de l'Araxe et du
Medzamor, futpendant longtemps la capitale de l'Arménie.
Les Grecs la nommaient 'Aptà^axa ou 'ApxaÇiaaaTa (Stra–
bon , liv. X I , ch. 14. —Ptolémée,
Géogr.,
liv. V, ch. 13*
.—
Etienne de Byz.,
de Urbib., hoc verbo).
Selon Strabon
et Plutarque
(
Vie de Lueullus)
elle fut fondée d'après les
avis d'Annibal, par Artaxias, d'abord gouverneur, et puis I
7
CCCTpiSa tostv e7r£7ro6et, xal TWV U7Too"j(£ffEwv ITTITUYSIV
ETCIOTSUEV, WÇ (XeXXwV TTJÇ TWV IlapôcOV EÇOUGIKÇ £711-
xpaTEtv, xou vJjv upoyovixrjv TIJJIYJV âvaXaêEÏv.
§ 15. BouX/jV ouv TrovYjpàv (7X£'^otu.svoç, Xapiêavet
TOV (SaaiXÉa aÙTOç TE xat ô totoç aùxou àSeXcpbç tSta-
ÇOVTEÇ, Wç 7cpocpaariÇou.£VOt OXE\|AV Ttvà àva8so"8at
aÛTW, TOCÇ Se pou.cpaiaç aÙTwv, ôXoaToptouç, 7capEXu-
oÔEVTaç Ixpàroov xpucptwç. Aùrtxa
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upocypia, £^Éxpav£v ôXoXuypito fxeyaXw, xat wç WOE
xat wSs auTOt, s7uêavTeç TOIÇ îStotç tîCîcotç, cpuyaSEç
iyivovTo, xat TOUTO aaôovTEç ot craTpa7rai TWV 'Ap- .
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TaôtwxovTEç, xat 7rpoSpao.6vT£ç TIVEÇ 7tpoxaTEXaêovTO
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TOCÇ StaêdcoEiç TTJÇ 7tpox£tu.evY|ç 77oX£WÇ ApTaçdtTYjç,
xat iv TOIÇffTsvoïç7UEpixu/wXwcyavT£ç TOUÇ cpuyaSaç iv
ptiorw TWV yecpupwv evôev xal evôev, TtOTaptoêpuYiouç
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te7roivjxao7iv. AÙTOI SE, avaarpE^avTSç oXoXuypiotç xal
xpauyaîç xat IX££ivaîç cocavatç aùv Tcotc?) T9) y^wpa ouva-
yJtévTEç, TOV pactXea iôpvjvouv. " E T I OS u-txpàv IXEÏVOÇ
6
Epu.r,v U7cb Ta aTEpva àva7cvÉa)v, TVJÇ T*).£UTa{aç
durant ce temps, étant montés sur leurs chevaux,
prirent la fuite. Les satrapes de l'armée armé–
nienne, ayant appris leur fuite, se partagèrent
en différentes troupes et les poursuivirent. Les uns
coururent au pont même qui mène à la ville
d'Ardaschad (a) , parce que le fleuve Araxe
était gonflé jusqu'au bord de ses rives, et ses
eaux étaient troublées et grossies par la fonte des
neiges et des glaces. Les autres, ayant franchi le
pont de la ville de Vagharschabad, appelé pont
de Medzamor ( 3 ) , coururent aussi à l'extrémité
du pont d'Ardaschad, et, ayant cerné les fugitifs
dans un étroit passage, ils les précipitèrent du pont
de Dapher (4) dans le fleuve. Ensuite ils s'en re–
tournèrent en poussant des cris de douleur, et
tout le pays de concert pleurait son roi. Celui-ci,
ensuite roi d'Arménie. Tiridate, qui la rebâtit après qu'elle
eut été ruinée .par Corbulon, lui donna le nom de l'empe–
reur Néron qui lui avait rendu ses États (Dion Cassius,
liv. 63,
apud
Xiphil.). Cette ville n'est plus aujourd'hui
qu'un monceau de ruines.
(3)
Medzamor,
grand marais,
appelé aussi Azad,
libre;
c'est une rivière qui coule à l'ouest près de Tévin et va
rejoindre l'Araxe un peu au-dessus de cette ville.
(4)
Cf. Indjidji,
Géogr. ancienne.,
p. 487.
obtenturum se promissa sibi facta, velut dominationem
Parthorum adepturus, honoremque progenitorum suorum
| habit un i s .
*
§ 15. Igitur, pravo inito consilio, assumpserunt regem
ipse ejusque frater sine alio comitatu, prœtexentes,
quandam considerationem se illi proposituros, gladios
vero suos, totos acutos, involutos occulte arripiebant.
Extemplo autem gladios improviso educentes, regem
percusserunt et in terram dejecerunt. Cum vero factum
aliquis ccntinuo rescivisset, exclamavit magno cum ulu-
latu; et cum illi, ascensis equis suis, hue illucque Jugè–
rent , et hoc Armeniorum satrape didicissent ; cohortium
prœlecti dividebantur ad eos persequendos, et prascur-
rentes aliqui praeeccupaverunt pontem ad portas civitatis
Artaxatae. Nam fluvius Erasach exundans, usque ad
crepidinem lluebat ex nive soluta cum glacie, tumens
et scaturiens in diebus limi ebullien lis. Alii vero trans-
euntes pontem civitatis Valeroctistœ, et pontem fluvii, cui
nomen Matheus, concurrerunt ad occupandos transitus
civitatis Artaxatae, fugitivosque in locorum angustiis
circumdantes inmedio pontium hinc et illinc, fecerunt
ut submergerentur in flumine.. Illi autem redeuntes,
ululations et clamoribus, vocibusque miserandis, cum
omni provincia congregati, regem lugebant, Ule vero,
modicum adhuc calorem in pectore spirans, postremo
adveniente flatu, precepit ut omnis eorum cognatio
Fonds A.R.A.M