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AU
PÀ$È
DES MJcîféÀCRÉS
riotirvelles allait, par la seule force de son expansion, remporter.
Donc il vstffcit mieux rîàquer le tout, il n'avait rien à y perdre, ét s'il
tombait il aurait au moins la consolation de tomber dans du sartg, et
pour un viétix tigre comme lui, c'était plus doux, un linceul de pourpre
chaude.
En conséquence, après avoir donné, pour asèouvir sa vengeance
personnelle, l'ordre des massacres arméniens, qui
têh&iiëfti,
il donna,
pour sa propre conservation, — plus tard, trop tard, — celui du
Uiâèsacre général des chrétiens et à sa faveur des chefs du parti Jeune-
Turc. C'est monstrueux, à peine croyable, mais cola est. Personne, pas
plus à Constantinople que dans tout l'Orient, ne l'ignore. Cepencftftft
nous avons fait sur toutes ces choses un silence vraiment trop extraor–
dinaire pour n'être pas irîl&essé.
Presque partout, les gouverneurs de province s'apprêtèrent à
exéctflêr les ordres de leur auguste maître, mais les autoritéâ
militaires
gagnées aux idées nouvelles et le puissant parti Jeû#e-Turc surent
pénétrer les criminels projets et s'y opposer à temps. Parfois aussi,
sentant le trôné branlant, les valis hésitèrent... et survint la prise de
Constantinople par l'armée qui sauva tout. Mais d'un bout à l'autre
de la Turquie le massacre avait été préparé, il ne fallut pas moins
qu'un changement de règftè, sinon de régime, pour l'éviter.
Partout des énîfèsaires furent lancés; à Smyrne, à Haïfa notamment,
on en arrêta porteurs de sommes énormes. A Antioche, îeà'massacres
avaient été travaillés par un étranger de passage qui se disait mutés-
sarif, c'est-à-dire général. Avec de l'or on peut tout faire en Orient. Un
notable de Damas me dîâait : « Point n'est besoin de pousser le peuple
au massacre, c'est son idéal. Réunissez quelques fatàâtftftfeft dans un
jardin, prêchez-les, donnez-leur trente mille francs d'or à distribuer, le
soir vous aurez des massacres », et c'est ce qui faillit avoir lîèW une
fois de plus dans cette grande ville, Célèbre par ses atrocités passées.
Le vali y avait tout préparé, jusqu'aux plus petites circonstances. Il fit
échapper les prisonniers, qui se répandirent dans les bazars, procédé
connu pour déchaîner la panique d'où doivent naître les coups, les
rixes, les meurtres. Mais il comptait sans le gouverneur militaire :
Osman Pacha. Cet homme énergique lança des troupes sûres à la pour–
suite des fiïgitîfis avec Ordre de les tuer sur place s'il le fallait, qui
fut fait. Et mandant en hâte les ulémas, il leur enjoignait de calmer
immédiatement le peuple sous peine de voir bombarder le quartier
musulman au premier meurtre de chrétien. On le savait homme de
parole et en un instant tout fut ajfàiBé. On l'avait échappé belle.
Pour qui resterait s c e p t r e à l'idée de cette foule atfs&itôt calmée,
qu'on me permette de citer le fait suivant. C'était à Dia'rbékfr,- eti
f89§,
Fonds A.R.A.M