très peu de Turcs , n'a pas été éprouvée. I c i , ce
sont les Arméniens qui ont exercé des représailles
contre les Turcs : ils ont tué, après l'avoir torturé,
un officier turc, suspect d'avoir organisé la tuerie
dans la banlieue, et deux autres musulmans. Tou–
tefois, sur l'intervention des ecclésiastiques et des
notables arméniens, la vie des Turcs fut pla–
cée sous la sauvegarde des chrétiens. Ceux-ci,
suffisamment armés, résolurent de s'opposer à
toute attaque. Le 21, des phalanges de pillards se
concentraient autour de la ville : rien que de
Fekké, i l en était venu plus de 300, tous armés de
martinis. L'investissement de la ville commença,
mais les Arméniens réussirent à les tenir à dis–
tance. En dépit des ordres télégraphiques (23 avril)
du gouvernement général d'Adana, d'avoir à r en –
dre les armes, ils tinrent bon jusqu'à l'arrivée
(25
avril) du bimbachi de Missis qui dispersa les
assaillants, et rétablit l ' ordre , secondé par les
Arméniens dont i l approuva l'attitude, les enga–
geant même à conserver leurs armes pour parer à
toute éventualité d'un retour offensif.
Dans un autre district, celui de Deurtyol, dans
la plaine de l'Issus, les chrétiens eurent à soutenir
pendant dix j our s — du 16 au 26
un véritable
siège. 11 y avait dans cette petite ville jusqu'à
13.000
assiégés, les paysans des villages d'alen–
tour, Od j ak l i , Ghazi, Tchaïli, etc., que les Kurdes
dévastaient, s'étantjoints aux habitants de Deurtyol.
D'après le rapport du vice-consul d'Angleterre à
Alexandrette, beaucoup des assiégeants étaient
Fonds A.R.A.M