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armés de martinis. Le missionnaire américain,
M . Kennedy, qui a joué en cette affaire le rôle de
parlementaire entre Turcs et Arméniens, ajoute
que les munitions des assaillants provenaient des
dépôts du gouvernement.
Le troisième j o u r du siège, les Kurdes coupè–
rent l'eau et livrèrent assaut sur assaut. A deux
reprises, et par suite de l'intervention du vice-
consulat britannique et de la mission américaine,
les Kurdes s'engagèrent par serment, les autorités
militaires et le gouverneur du Djebet-Berekel sur
parole, à arrêter les hostilités. A chaque fois, ils
violèrent leurs promesses, et lorsque finalement,
grâce aux efforts de M . Kennedy et à l'apparition
de vaisseaux de guerre européens dans le golfe
d'Alexandrette, des troupes furent expédiées pour
délivrer Deurtyol, elles eurent soin de mi t ra i l l e r
au préalable la v i l l e .
D'autres localités, comme Akbès et Gheklé, eu–
rent à subir un siège qu i ne dura pas moins de
17
j our s , du 14 avril au 1
e r
mai. Akbès et Cheklé
durent leur salut à M . Roqueferrier, consul de
France à Al ep , qu i , à la tête de 200 cavaliers,
accourut pour protéger ses nationaux, les Lazaris–
tes d'Akbès et les Frères de la Trappe de Cheklé.
M . Roqueferrier, dont l'attitude énergique a été
très louée, est mort depuis à Alep, des suites
d'une maladie contractée au cours d'une tournée
sur le théâtre des massacres.
Fonds A.R.A.M