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Remontons au no rd de la Cilicie, dans les para–
ges de Sis et de JHadjine. Vo i c i d'abord l'affaire de
Saï-Guetchid. Le 16 av r i l , 14 voyageurs, 13 Armé–
niens et 1 Grec — dont 7 prêtres de l'Eglise pro –
testante — se rendant à Adana, se trouvaient sur
la route de Sis à Hadjine, lorsqu'ils apprirent ce_
qu i se passait dans la plaine.
Ils allèrent aussitôt réclamer la protection du mudir
de Saï-Guechid, Hadji bey, qui les reçut avec bien–
veillance, les assurant qu'il répondait de leur vie. Le
lendemain, survinrent de nombreuses bandes menées
par Hadji bey en personne : elles s'emparèrent des 14
voyageurs et des
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habitants arméniens de Saïd-Gue-
chid, les dévalisèrent et les mirent tous à mort. Les
femmes furent outragées et pas plus que les enfants
elles ne trouvèrent grâce. La femme du mudir Hadji
bey, gaie et souriante, assistait à toute cette scène du
haut de son balcon. Le lendemain, on enleva les cada–
vres et on les précipita dans un profond ravin.
Dans toute la région comprise entre Sis et Had –
j i ne , dès le 17 av r i l , plusieurs méfaits furent com–
mis, des villages furent ensanglantés, quelques-
uns seulement saccagés et détruits : Romlou, Kars,
Karakeuï, Char, etc. Tout autour de Hadjine, dans
les vignobles et les champs de blé, on poursuivit
les Arméniens pendant deux semaines. C'est par
plusieurs centaines que se chiffrent les habitants
de Hadjine qui ont péri dans cette chasse à
l'homme.
La ville elle-même de Hadjine, qui compte une
nombreuse population arménienne et relativement
Fonds A.R.A.M