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p a j l i , 120 mai sons ont été livrées aux flammes;
146
hommes exécutés. V i n g t autres b ou r g s et v i l -
lages du d i s t r i c t du Dj ebe l Be r eke t et des cazas
l imi t r o ph e s , Islahiè, Khassa, Ya rpouz , Gue v -
Tchaïr,Euzerli — où 200 Arméniens se sont b r a –
vement défendus , — p l us l o i n , Kara t ach , Ayaz, etc.,
sont mi s à feu et à sang.
A Ayaz , bourgade située sur le l i t t o r a l , on a
opé r é , dès le 15 a v r i l , d'après une liste arrêtée
d'avance : pas un Arméni en adulte n'a été oubl i é .
I c i , le massacre a été particulièrement v i t e mené :
i l dura quat re heures , accompagné et s u i v i de v o l ,
de v i o l et d ' incend i e . Tués : 77 chrétiens, dont
71
Arméniens et 6 Grecs . Ex t r a i t des document s
de la mi s s i on américaine :
. . .
Une j eune femme nouvellement mariée, qui ve–
nait d'être enlevée par un Tur c , suppliait son mar i ,
un Grec, de l u i tirer un coup de revolver pour l u i
épargner un déshonneur pire que la mort. I l la tua
effectivement, et fut à son tour abattu par l'homme qui
avait tenté de ravir sa femme.
. . .
L'Arménien Artine fut laissé pour mort dans un
coin parmi quelques cadavres. Comme peu après les
meurtriers vinrent à repasser par-là, apercevant une
femme tout éplorée à côté d'Artine, ils s'approchèrent
et jetèrent des pierres sur l'homme. Puis ils s'en allè–
rent et revinrent avec des cordes. Ar t ine fut alors
traîné jusqu'au rivage, tout couvert de sang. « I l
criait : « Je ne suis pas mo r t ; pour l'amour de Dieu,
achevez-moi ! ». Son supplice dura longtemps. En f i n ,
i l expira et on le jeta dans la mer.
Fonds A.R.A.M