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ses quatre fils ayant été tués. Une autre femme cher–
chait, pour les ensevelir, les restes de son père, de
son mari, de ses trois frères, de ses deux beaux-frères
et d'un sien neveu... I l n'y a aucun doute que les mu–
sulmans ont voulu exterminer la population armé–
nienne pour s'établir dans ses propriétés.
Comme les maisons de Hassan-Beylik étaient
disséminées dans des j ard i ns , on a dû les brûler
une à une, séparément, après les avoir pillées.
On a mis douze j our s pour achever ce travail. Ci :
416
maisons, 56 boutiques, 3 écoles, 2 églises.
A Bagtchè, on opéra dans des conditions sembla–
bles : 113 tués, 115 maisons incendiées — sur un t o –
tal de 127. Le pr ima t tur cEukke ch , fils de HakkBaba,
tua à l u i seul, à coups de hache, 45 Arméniens,
que des hommes l u i apportaient tout ligottés.
Dans ce village furent concentrés les sinistrés
du district. Fonctionnaires et aghas s'étaient en–
gagés à les protéger : i l s'occupaient surtout d'en
faire des prosélytes. I l s les laissaient d'ailleurs
mour i r de faim et de soif
1
:
Tous les puits, excepté celui du quartier turc, avaient
été souillés. Trois puits étaient remplis de cadavres.
Pendant les premiers jours, les sinistrés burent l'eau
mêlée de sang d'un petit ruisseau, jusqu'à ce qu'un
bon Turc eut obtenu qu'ils vinssent puiser de l'eau
dans le puits qui n'était pas infecté.
Dans un autre village proche de Bagtchè, à La -
1
Rapport allemand au « Deulscher Hùlsbund in Orient » de
Francfort.
Fonds A.R.A.M