arrive à Adana le vice-consul d'Anglelerre à Me r -
sine, major Dough t y -Wy l i e . Sa femme l'accom–
pagne. Tous deux accompliront, au cours des af–
freuses journées qui vont suivre, des prodiges de
bravoure et de dévouement. Si malgré son a t t i –
tude énergique vis-à-vis des autorités, le major
Dough t y -Wy l i e ne réussit pas à arrêter immédia–
tement le massacre, du moins i l sauvera la vie à
d'innombrables Arméniens. S'il était secondé de
ses collègues, ses démarches auprès du va l i , les
avertissements et les menaces qu ' i l ne cesse de l u i
adresser, obtiendraient très probablement un effet
radical, immédiat. Mais i l agit isolément. Son co l –
lègue allemand est absent. Quant au consul de
France à Mersine, bien qu'ayant nombre de natio–
naux et plusieurs établissements français à défen–
dre, i l n'apparaîtra pas une seule fois sur les lieux
du sinistre.
Aussitôt arrivé, M . Doughty -Wy l i e court chez
le vali qu i affirme être impuissant à arrêter les
désordres. Voyant qu ' i l perd i nut i l ement son
temps, le consul se fait donner une escorte et par–
court les rues, essayant d'en imposer aux bandits.
Devant les établissements des missions où se presse
une multitude affolée, i l poste des gardes. Mais ces
soldats comprennent singulièrement leur tâche.
Ils font le coup de feu tout comme les bachi-bo-
zouks, puis finissent par déguerpir. Le consul re^-
passe, laisse une autre garde qu i disparaît à son
t our . C'est une poignée d'Arméniens qu i se charge
de défendre les missions.
Fonds A.R.A.M