quant à la population musulmane, confiante sur le cadre
français, elle garda en général, une attitude expectante. Seul
le parti Jeune-Turc entreprit, dès le premier jour, une forte
campagne de fausses nouvelles pour exciter la population
musulmane.
* *
En novembre
1919,
après une démobilisation partielle de
la Légion pendant l'été et l'automne de
1919,
au moment de
la relève des forces britanniques (Déserts Mounted Corps) par
les troupes françaises, dans les régions de Marache, Aïntab,
Ourfa et Djarablous, la Légion Arménienne forma l'un des
avant-gardes.
L'Etat-Major de la Légion s'installa, avec le
3
e
bataillon,
à Aïntab, où le Colonel Flie Sainte-Marie était nommé chef
d'administration des. Sandjaks d'Aïntab et de Marache, et d'où
il détacha une compagnie à Kilis et une autre à Djarablous. Le
2'
bataillon (capitaine Fontaine) occupa à lui seul la ville de
Marache.
«
Les opérations de relève des forces britanniques à Mara–
che, Aïntab et Ourfa furent conduites par le Colonel de
Piépape qui, avec des moyens très réduits, parvint à occuper
Marache, Aïntab, Kilis, Biredjik, Soroudj, Ourfa, Djarablous,
et la gare d'Alep... Nos détachements d'occupation se quali–
fiaient d'avant-garde. Celui de Marache, ville de
60.000
habi–
tants, était de
200
hommes commandés par un capitaine.
Parmi les légendes qui ont couru au sujet des événements du
levant, est celle du soulèvement kémaliste causé par l'emploi
des Légionnaires Arméniens. Il faut ramener les choses à la
vérité : la Légion Arménienne, très diminuée, comprenait alors
deux petits bataillons, 4oo à 5oo hommes au total. Elle n'entra
dans la composition des colonnes que pour une fraction infime.
Et, ni à Aïntab, ni à Marache, elle ne donna lieu à des
plaintes. Le Commandant Français lui adressa même des féli-
Fonds A.R.A.M