Le
12
octobre, le Général E. Allenby, commandant en
chef du front de Palestine, télégraphiait à la Délégation Natio–
nale Arménienne à Paris : « Je suis fier d'avoir eu un con–
tingent arménien sous mon commandement ; i l a combattu
très brillamment et a pris une grande part à la victoire. »
Le Colonel Romieu qui, évacué pour fièvre, était rentré
depuis deux jours et qu i commandait en personne pendant
l'attaque, s'écria devant les tombes des gradés et soldats, morts
sur le champ d'honneur et sous le drapeau français : « Nous
saurons être dignes de vous, j ' e n fais le serment sur votre
tombe devant ce cimetière, dont nous ferons un monument
de gloire et que nous appellerons le cimetière d'Arara, pour
réunir dans ce nom le souvenir de nos morts, de leurs sacri–
fices, de leurs victoires et de l'horizon qu'elle ouvre aux aspi–
rations nationales de leurs compatriotes. »
(
La France en Syrie
et en Cilicie,
par le Capitaine
GAUTHEROT
,
page
45.)
La bataille était finie, l'ennemi écrasé ; i l restait la pour–
suite. Elle fut dure. I l fallait marcher en avant par la chaleur
lourde et particulièrement fiévreuse du mois d'octobre de la
Syrie, sur un terrain couvert de sable, où les sources sont si
rares, et dans des conditions de ravitaillement difficiles par
suite des destructions et du mauvais état des voies de commu–
nication. Cette marche, longue de plus de
25
o
kilomètres, se
termina par l'occupation de Reyrouth, le
20
octobre
1918.
En ce moment, la Syrie venait d'être libérée. Des Armé–
niens qui s'y trouvaient (les survivants de ceux qui, pendant
la guerre, avaient été déportés par les autorités turques dans
les déserts de la Syrie et les militaires arméniens de l'Arménie
turque, échappés pendant la retraite) se pressaient déjà de
tous les côtés pour grossir les rangs de leurs compatriotes.
Ainsi se forma le
4
e
bataillon, la compagnie de Génie et le
détachement des élèves-officiers, composés tous par les enga–
gés arméniens de la ville de Damas. (Le nombre des volon-
Fonds A.R.A.M