Au commencement du mois d'avril, les Turcs concentrent
devant Kars cinq divisions d'infanterie, et, le n avril, le
gouvernement transcaucasien donne au général Nazarbékoff,
commandant du Corps arménien, l'ordre catégorique d'éva–
cuer la forteresse, de la rendre aux Turcs et de se replier aux
frontières du Traité de Brest-Litowsk sur la rivière Arpatchaï.
P R I S E D ' A L E X A N D R O P O L
Ma r c h e t u r q u e vers B a k o u et l a Paras
Le
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avril, les unités du corps se replient sur Alexandro-
pol. Malgré l'armistice conclu avec les Turcs, des incursions
de troupes régulières turques ont lieu constamment. Dans
la province d'Erivan, des incursions nombreuses furent faites
par des bandes kurdes venant de la vallée d'Alachkert. Son–
geant à poursuivre leur marche à travers l'Arménie Transcau–
casienne vers l'Azerbaïdjan Persan et même dans la direction
de Mossoul pour agir contre l'aile droite de l'armée anglaise en
Mésopotamie, les Turcs violent l'armistice et attaquent la
première division du Corps arménien à Alexandropol, afin
d'occuper la ligne du chemin de fer Alexandropol-Tabriz. En
même temps, ils franchissent l'AgrinDagh et envahissent la
province d'Erivan.
Le choix fait par les Turcs d'une nouvelle direction opéra-
tive pour agir sur le flanc droit des Anglais est un fait histo–
rique.
Dans ses « Souvenirs de guerre », le Général Ludendorff
dit : « ... Maintenant, l'occasion s'offrait aussi d'atteindre les
Anglais dans le Nord de la Perse. Les communications par
voie ferrée, de Batoum à Tabriz, par Tiflis, favorisaient ce
projet. Dans le nord de la Perse, lés Turcs pouvaient avoir la
supériorité sur les Anglais. Faire lever contre eux les popula-
Fonds A.R.A.M