sort d'un peuple qui a désormais le droit d'espérer que pour
lui aussi est enfin arrivée l'heure de la justice. Je dis qu'il a
ce droit, soit pour les terribles souffrances qu'il a endurées,
soit pour les magnifiques preuves de fidélité qu'il nous a
données en tenant tête à la barbarie musulmane dont le but
était d'étouffer les protestations de son indestructible cons–
cience nationale ; i l y a droit aussi pour le tribut de sang qu'il
a payé si généreusement à la cause de l'Entente durant cette
guerre qui touche à sa fin par la défaite complète des Empires
Centraux et de leurs Alliés.
Je ne suis certainement pas en mesure de prévoir
quelles seront exactement les solutions que recevront les
divers problèmes qui seront soumis à l'examen international,
mais i l n'est pas possible de croire qu'on puisse oublier de
prendre les mesures nécessaires pour mettre à jamais les très
fidèles Arméniens à l'abri de l'oppression de leur ennemi irré–
ductible, et pour leur permettre de renaître à la dignité de
nation dans le libre développement de leurs propres énergies ;
et je souhaite de tout cœur que cette renaissance se produise
dans sa plus grande ampleur, car je ne doute pas que les
Arméniens dans un avenir prochain seront le boulevard de la
civilisation chrétienne en Asie contre tout retour du péril
turc.
E X T R A I T S DE L ' I N T E R P E L L A T I O N D E M . B R I A N D
à l a Chambre, le 27 ma r s 1920
Je m'excuse, Messieurs, d'interrompre M. Lenail, mais
ii faut pourtant qu'on se décide à avoir une politique en
Asie-Mineure, particulièrement en Syrie et en Cilicie. Si la
France n'y va pas, qui donc y sera ?
M.
LENAIL.
—
C'est la question.
M.
ARISTIDE BRIAND.
—
Lorsque les Turcs y étaient les
populations qui gémissaient sous leur joug suppliaient qu'on
Fonds A.R.A.M