Leurs capacités intellectuelles reposent sur un solide
fondement de leur caractère, et, différents des Grecs,
mais semblables aux Germains, leur nature est oppo–
sée aux méthodes superficielles. Ils s'absorbent dans
leur travail, s'y plongent tout entiers profondément.
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n'y a pas de race, dans le plus proche Orient, plus
prompte à apprendre que les Persans. Cependant, si
vous avez la visite d'un Persan bien élevé, accompa–
gné de son homme d'affaires arménien, prenez un
livre sur les rayons de votre bibliothèque, si possi–
ble un volume avec des illustrations, et, tournant la
conversation sur quelque sujet traité dans l'ouvrage,
tendez-le, après avoir fait une citation appropriée.
Le Persan regardera les images, qu'il louera. L'Ar–
ménien dévorera le livre, et, à tous les arrêts de la
conversation, vous le verrezfixantsur lui son regard,
les sourcils froncés. Ces tendances sont naturelle–
ment accompagnées de prévoyance, d'équilibre dans
le jugement, et c'est ce qui a donné aux Arméniens
la prééminence dans les affaires commerciales. L'Ar–
ménien n'est pas moins intelligent que le Grec ; mais
il voit plus loin et, quoiqu'atteint des vices particu–
liers au trafiquant oriental, le marchand arménien
est prompt à apprécier les avantages des procédés
loyaux en affaires, qui lui sont suggérés par les con.
ditions dans lesquelles il poursuit sa vocation. Un
de mes amis, qui connaît extrêmement bien les Bal–
kans, avec leur population hétérogène des villes, me
disait —comme un fait intéressant — que, dans la
statistique des banqueroutes, pour ce pays, la pro–
portion des Arméniens était comparativement faible.
Comme ces banqueroutes sont, en général, plus ou
moins de nature frauduleuse, le fait indique peut-être
moins la plus grande habileté des Arméniens, que
Fonds A.R.A.M