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leur pouvoir de résister à une tentation immédiate
n'est-ce pas de l'honnêteté ? et leur promptitude à
reconnaître la valeur monétaire de l a solidité c om–
merciale. Mais, pour j uge r ce peuple à sa juste valeur,
il ne faut pas l'étudier dans le Levant, avec sa large
corruption, il faut l'étudier dans les provinces russes
de l'Arménie. E t là, qu'y ai-je v u ? Dans tous les
commerces, dans toutes les professions, soitdans les
affaires, soit au Gouvernement, les Arméniens sont
sans rivaux et occupent toute la place » ( L y n c h , o. c ,
I , p.
465-46
7
).
L e sujet est capital, et se trouve encore très discuté.
On a parlé, et on parle encore de la cupidité, de l a
mauvaise foi des Arméniens. Cependant Lama r t i ne ,
qui a beaucoup contribué à répandre ces opinions, a
appelé les Arméniens les
Suisses de l'Orient.
E t i l
serait facile de citer beaucoup de jugements — très
contraires — de voyageurs contemporains de
Lamartine, et qui demandent qu'on distingue « entre
l'Arménien de Constantinople et des Echelles du
Levant, et l'Arménien de Ta u r i s ou d ' Er z e r oum a .
L o r d Byron a dit tout, et admirablement, dans cette
phrase : « I l serait peut être difficile de trouver dans
les Annales d'une nation moins de crimes que dans
celles de ce peuple, dont les vertus sont celles de l a
paix, et dont les vices ne sont que les résultats de l'op–
pression qu'il a subie » (Rolin-Jaequemyns, o. c ,
1887,
p.
287-288).
—
Mais voici deux témoignages,
dont l'autorité est toute particulière. Le premier est
du D
r
Rohrbach , dans le premier et unique numéro
de l a revue
Mesrop,
fondée quelques semaines avant
la guerre par l a
Société
allemande-arménienne.
C'est donc un manifeste.
«
Le s Arméniens sont, sans aucun doute, l'élément
Fonds A.R.A.M