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D'après la statistique publiée par le Patriarcat en
1882,
le nombre des Arméniens en Turquie était de
2.660.000,
dont
i
.63
o.ooo dans les six vilayets armé–
niens. — Mais, si le Gouvernement turc a diminué
les chiffres, le Patriarcat arménien ne les a-t-il pas
augmentés ? Marcel Léart est convaincu que même
le chiffre du Patriarcat « est au-dessous de la vérité » .
En effet, appliquant à la population arménienne les
règles de dénombrement employées officiellement
par la Porte pour la population musulmane, i l
affirme que « le nombre de la population armé–
nienne, en
1884,
dépassait trois millions ! » —De u x
statistiques d'origine arménienne, communiquées au
Congrès de Berlin, évaluent à
2.600.000
le nombre
d'Arméniens dans la Turquie d'Asie (R. Jaeque-
myns,
Revue de droit international
et de législa–
tion comparée
,
Bruxelles,
1887,
p.
291).
Selon Kévork Aslan (p.
119),
i l y aurait
1.800.000
Arméniens ; selon Rohrbach
(
Mesrop,
p.
2)
i l y en
aurait
2.000.000,
et selon Roth
(
p. c,
p. 6), de
2
à
2 1/2
millions).
Par contre une nouvelle statistique, établie par le
Patriarcat en
1912,
pour les six vilayets, c'est-à-dire
après les massacres et les émigrations qu i les suivi–
rent
(1894-1896),
donne les chiffres suivants : Sur
une population totale de
2.6
i5
.
ooo âmes, les Turcs
forment un total de
666.000,
les Kurdes sédentaires
242.000
et les Kurdes nomades
182.000
et les Armé–
niens
1.018.000.
Ainsi, rien que d'après cette dernière statistique
du Patriarcat, en
1912,
les Arméniens formaient
dans les six vilayets les
38,9
° / ° de '
a
population
totale, tandis que les Turcs n'en formaient que les
25,4 0/0,
les Kurdes sédentaires
9,2 0/0,
les Kurdes
Fonds A.R.A.M